Madame Rachou, propriétaire (Paris, fin des années 50)


Célèbre hôtel du 9 de la rue Gît-le-Coeur à Paris qui fur baptisé ainsi pour avoir été le point de ralliement de la Beat Generation.Il était tenu par Madame Rachou, surnommée la "mère aux cheveux bleus de nous tous".

Jack Kerouac, dit-on y descend le premier en 1956, suivi par Allen Ginsberg, Gregory Corso, Peter Orlovsky, William S.Burroughs, Brion Gysin, Ted Joans, Harold Nose, Ian Sommerville, etc.C'est dans cet hôtel que Corso a écrit son poème le plus connu, The Bomb, et que Ted Joans a peint une fresque intitulée The Chick Who feels off a Rhino, détruite depuis.

C'est également dans les chambres du Beat Hotel que Burroughs a achevé The Naked Lunch et a imaginé l'ensemble de sa Trilogie.

C'est encore là que Brion Gysin a mis au point la technique du cut-up, celle des permutations et a construit la première Dreamachine sur les conseils de Ian Sommerville.

Dans Cut-ups : A project for disastrous Success, Gysin a reconstitué l'atmosphère inimitable de cet hôtel hors du commun, en pleine guerre d'Algérie (entre 1958 et 1960), quand il collabore avec Burroughs aux premiers textes cut-ups : "Je me retirais avec William Burroughs dans la chambre n°15 du Beat Hôtel pendant le froid printemps de 1958 pour mettre au point nos techniques d'écriture.Des pages du manuscrit du Festin nu de tous les âges et de toutes les conditions flottaient dans la chambre hermétiquement close tandis que Burroughs déambulant dans un nuage ectoplasmique de fumée, interprétait les rôles gargantuesques du Doc.Benway, d'A.J., de Clem & Jody, et de centaines d'autres qu'il n'avait jamais le temps d'engranger dans la machine à écrire.

"Suis-je une pieuvre?" avait-il coutume de gémir alors qu'il s'embourbait dans les hauts fonds de tapuscrits avec toutes ses tentacules s'agitant dans l'air subaquatique."Allen Ginsberg contribue également pendant cette période à la mise en forme finale du premier volume de la Trilogie de Burroughs, The Soft Machine.

Vendu en 1963, le Beat Hôtel à été rénové et est devenu l'Hôtel du Vieux Paris, d'où a été effacée toute trace de l'aventure Beat à Paris.Mais il est d'ores et déjà passé à la légende.Brion Gysin s'en est d'ailleurs servi comme décor fantôme de son second roman, Bardo Hotel-Beat Museum :

"Ion se trouve dans la rue étroite et sombre, reluquant une plaque de marbre apposée récemment sur le mur du numéro neuf rue Gît-le-Coeur, (...) ils ont encore changé le nom depuis la dernière fois que je suis venu. Des lettres dorées gravées dans le marbre proclament que tous ses vieux amis y ont vécu et travaillé : Bill Burroon, bien entendu, Allen, Peter, Gregory et Jack, mais pas Ion. "Est-ce toujours le Beat Hôtel?" (demanda-t-il ) un iconnu qui passait par -là.

"Non c'est le Bardo Hôtel.Le Beat Hôtel se trouve en Californie."

without the courtesy of Gerard-Georges-Lemaire & Artefact 1986