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Non Wake Up Clocks

En quelques années, My Own a su imposer sa présence sonique sur quelques scènes stratégiques, acquérant ainsi une flatteuse réputation au sein d'une scène post-noise hexagonale qui n'en demandait pas tant. A l'heure d'un premier album attendu (et après quelques galops d'essai, en particulier sur des splits-singles en compagnie des terrifiants Sun Plexus ou Hint), on peut affirmer que le quartette a su tenir ses engagements. Evidemment, il plane sur ce groupe une influence plutôt envahissante, celle d'un célèbre groupe new-yorkais auquel notre chaîne culturelle préférée consacrait récemment un documentaire. Mais à l'instar de Blonde Redhead à ses débuts, My Own parvient à lancer ses torpilles avec un naturel confondant, une assurance et une absence de complexe totalement bluffant. Et quand on connaît l'évolution du groupe précité, on ne peut que savourer à l'avance les jalons que ces quatre-là ne manqueront pas de poser dans le futur. Leur futur.
Magic n°50 (Avril 2001)

Arrêtons là le débat autour de la définition du post-rock ou de tout autre mouvement s'en approchant de près ou de loin. Cela me fatigue et je ne vois pas l'intérêt de ces classifications à deux balles. Voilà, je l'ai dit. My Own maintenant. Petite formation parisienne regroupant Zoé (chant, guitare), Thomas (guitare), Sylvain (basse) et Hugues (batterie). En somme une formation rock classique, pour une musique qui elle ne l'est pas. A noter : les quelques arrangements électroniques, ici et là, du meilleur effet puisqu'ils s'intègrent parfaitement dans les compositions du groupe. "Non wake up clocks" est le premier album de My Own mais cela pourrait être leur nième tant il fait preuve de maîtrise et de maturité. Ce quatuor nous plonge la tête la première dans des atmosphères angoissantes, variant avec une certaine perversité les émotions suggérées. Lorsque les guitares se calment et que la section rythmique entre en boucle sourde, ce n'est que pour mieux nous asséner la prochaine déflagration sonore. My Own est un peu comme cyclone : une (trompeuse) impression de calme le précède, son passage est violent, intense, une acalmie (toujours aussi inquiétante) lui succède puis il s'éloigne... jusqu'à la prochaine salve. Calme, hypnotique ou sonique, la musique de My Own est toujours tendue, sur le fil, maintenant l'auditeur en alerte. Elle pourrait se résumer ainsi : "laissez-vous surprendre... mais restez sur vos gardes". Le contraste (relatif) entre la voix diaphane - adjectif souvent repris mais tellement juste que je ne m'en prive pas - de Zoé et la musique ne fait qu'accentuer la tension permanente qui règne chez My Own. My Own est le groupe français du moment à découvrir. Ne laissez pas passer cette occasion.
Ouebzine http://ouebzine.free.fr

En 1999 paraît sur Catharsis le split-single Hint vs My Own. Soit un duo angevin à la réputation solidement établie contre un quatuor francilien (alors) inconnu. De manière inattendue, c'est Concrete en face B qui vole la vedette aux auteurs de Wu-wei : un morceau à la structure alambiquée, alternant montées puissantes et faux plats, boucles de guitares savantes et accords ouverts et dissonants (que l'on retrouve sur Non Wake Up Clocks). Fort de ce coup de maître, My Own enchaîne alors un autre split-single avec Sun Plexus (Ruminance, 2000), deux titres sur des compilations de FBWL et Kalikof, des concerts avec Unwound, Blonde Redhead, etc., des apparitions solos avec l'excellent Snark, au sein de Celluloïd Mata, des projets parallèles (Osaka Bondage, Speakerine)... Autour de la sortie de ce premier album, ils participent encore aux concerts parisiens de Shipping News et Ulan Bator. Car My Own est d'abord un groupe de scène terriblement efficace et rodé : depuis 1995, les musiciens ont fini par atteindre une cohésion que bien des groupes peuvent envier. Quiconque a déjà vu le groupe en live regrettera la relative sagesse de l'album : les morceaux ont comme perdu de leur souffle en studio. A l'inverse, certains ont gagné en homogénéité : les ruptures de ton et de motifs, qui déroutaient parfois en concert, se trouvent ici bien mieux incorporés. Les onze titres imposent, sans montrer le moindre signe de faiblesse, un rythme qui suscitera l'enthousiasme de n'importe quel fan de Sonic Youth ou Blonde Redhead. Et c'est justement là le problème. On pourrait facilement railler le nom du groupe tant il semble mal choisi, car si celui-ci a indubitablement fait siennes les trames musicales développées par ces deux groupes, il peine encore à s'émanciper de ses influences new-yorkaises. La voix frêle de Zoé (chant/guitare) se prête volontiers à des comparaisons (de choix) : faussement ingénue, elle se révèle être un poison (This good long walk) ; langoureuse, elle nous happe comme un aimant (un bijou que ce Seventy). Et renvoie ainsi tantôt à Kazu Makino, tantôt à Kim Gordon. Les compositions explorent quant à elles avec un égal succès les dissonances mélodiques, recourent avec bonheur aux motifs itératifs, juxtaposent habilement calme et dérapages sonores. Autant d'ingrédients poussés à leur paroxysme sur le splendide Fake can be just as good. On dira donc que : 1- My Own n'a pas des goûts de merde ; 2 - le résultat est fichtrement impressionnant. Comment passer sous silence les géniaux On tape et le médusant morceau de clôture, Une conversation difficile, réussite totale de près de neuf minutes sur laquelle plane un je ne sais quoi de Brother James (Sonic Youth) ou de Symphony of treble (Blonde Redhead) ? Incidemment, ce sont les lourdes lignes de basse de My Own qui lui permettent de prendre le large, en insufflant au groupe une attaque hardcore à comparer davantage à un groupe comme Bästard par exemple (Dolores b. knl, Concrete). Loin d'être étouffé par ses influences, My Own semble juste éprouver quelques difficultés à les intérioriser. A n'en pas douter, le groupe saura faire oublier ce petit péché de jeunesse, sans attendre qu'un groupe de souillons, en venant les pomper, ne nous oblige à admettre rétrospectivement que My Own avait finalement su se créer une forte identité musicale.
Chronic'art http://www.chronicart.com

Après quelques titres sur diverses compilations et splits singles, My Own sort sur le label indépendant UltraViolet son premier album "Non Wake Up Clocks". Difficile d'ailleurs de croire que ce quatuor français n'en est qu'à son premier opus tant la cohésion et la maturité affichées sur "Non Wake Up Clocks" est impressionnante. My Own se nourrit de post-rock et de rock noisy pour "déconstruire" ses compositions. Les cassures rythmiques sont en effet incessantes et chaque chanson fourmille d'idées et de plans différents toujours très judicieux. Les guitares, souvent cristallines, se laissent parfois aller à des disgressions noisy bienvenues, le tout accompagné d'une basse omniprésente. La voix de Zoé, évoquant parfois celle de Kazu Makino de Blonde Redhead, se fond merveilleusement dans les atmosphères alambiquées qui caractérisent cet album, que ce soit sur des titres courts ("Seventeen", "On Tape") ou sur des morceaux plus longs aux ambiances aussi diverses qu'envoûtantes (les excellents "This Good Long Walk", "Concrete" et "Dolores b. knl"). Les longues plages instrumentales sont souvent privilégiées pour créer des climats hypnotiques où le calme apparent ne peut cacher une tension qui explose par intermittence. My Own finit d'ailleurs par libérer toute son énergie sur le morceau quasi-instrumental "Une conversation difficile". Plusieurs écoutes sont évidemment nécessaires pour capter tous les détails de chaque chanson et c'est à partir de ce moment-là que cet album prend sa véritablement dimension, qui est tout simplement celle d'une oeuvre déjà majeure dans le paysage rock français.
Indiepoprock http://www.indiepoprock.net

Nouvelle production du label rennais, My Own élargit les horizons de groupes préfigurant le post-rock " made in France" , tels que Purr ou encore Playdoh. Des sombres duels de guitares dissonants aux rythmes d'une batterie chaloupée, une chose est sûre : les musiciens de My Own refusent de jouer ensemble, cela pour mieux nous surprendre. Et le pire, c'est que ça marche ! On écoute attentivement ces 11 morceaux savamment joués. Violent sans jamais agresser nos oreilles, Non wake up clocks réconciliera les amoureux de rock fachés avec l'élitisme post-rock.
OpenMag n°32 (mai 2001)

Raréfaction et cyclones electriques, propulsions rythmiques et labyrinthe guitaristiques sont les éléments clés qu'ont adoptés ce groupe français, débutants pour un disque entier (sur la "longueur"). Il est surprenant de voir comme ils maitrisent la matiere noise, déformée, voire proprement désintégrée dans un flux orbital de pleins et de vides, où s'insère la voix diaphane tantot parlée tantot chantée de zoé. My Own rappelle en particulier les groupes post sonicyouthiens par excellence que sont BRH et Unwound, effleurant par moments la grandiloquente conceptualité d'Ulan Bator. Si cela stimule votre appareil auditif, alors "Non wake up clocks" doit être écouté absolument. (7-8/10)
Blow Up (Italie, juillet 2001)

L'univers sonique prend des empreintes multiples : pour le côté pop, les notes se décollent en arpèges et se répètent en des modules entêtants. Le son noise se déchire sous la distorsion. Pour souligner des ambiances plus atmosphériques, proches du trip-hop, la rythmique est jouée par touches sensibles, et la voix féminine, lorsqu'elle fait surface, semble s'évaporer presque aussitôt. My Own parvient à imprégner sa musique sans violence excessive : jusque dans les moments les plus tendus, la balance soudaine qui fait retomber dans une partie plus calme s'impose dans un contraste qui nourrit l'évolution des morceaux.
Longueur d'onde http://www.netmusik.com/lo