CONVERTER
«
Blast
Furnace »
(Ant Zen act 113) - 2000

«
A
tribal inferno of paranoïd intensity and barbaric sweetness
»:
c'est ainsi qu'Ant Zen décrivait en substance le second album
de Converter sorti à la fin de l'an débile. Concise
et bourrée de paradoxes, cette accroche est au moins aussi
parlante que les bégaiements d'un chroniqueur après
première écoute ("Aïe ! mon coccyx").
En effet, non content de nous avoir abasourdis, interloqués,
laminés (que sais-je encore ?
) il y a deux ans («
Shock
front »
- Ant Zen act 83), l'abominable Scott Sturgis remet ça, et
le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il n'a pas chômé
On retrouve le même esprit, c'est certain ; cet album-ci alterne
de nouveau entre ambient bien lourde et tueries monumentales au groove
caverneux. Mais le plus fort de tout, c'est qu'on se demande toujours
comment ça marche ? comment ça tient ? comment il fait
?
Dès le début on reconnaît le monsieur : rythmique
lente et pur indus, passé au déshumidificateur (sec,
cassant, percutant) et auréolé de distorsions de tous
poils ; suivi d'une grosse montée en puissance (les enceintes
ont alors plutôt intérêt à assurer) qui
en dit long sur les balles à venir. Notamment, «
Blast
furnace »,
première bombe de l'album, du breakbeat bien lourd et un mélange
astucieux de cradosseries, le tout arrosé d'un groove énorme
Premier pallier pour le tableau suivant qui nous expédie (en
ces moments bénis de rediffs) dans le vénéré
monde d' «
Alien
»
et de son Lieutenant H. Ripley : nappes désertiques, synthés
cinglants qu'on dirait tout droit sortis de la gorge de la Bête.
Ces stridences tubulaires nous enveloppent de Power Noise (anti-neurones)
pour nous évacuer dans le trash hop de «
Flower
»:
«
A
beautiful thing taking you away ».
On se laisse envelopper pour mieux exploser sur cette seconde tuerie.
Le tout (et ceci est valable pour la plupart des tracks) soutenu par
des rythmiques scandées en soubassement, avec quelque chose
des Galères, de la Marche Militaire
on ne sait, mais
le plus terrible reste à venir : «
Death time »
(joli nom !) pour ce qui ressemble tout bonnement à un Hara
Kiri
(à s'arracher les cheveux ou les yeux, comme vous
voulez). On pourrait appeler ça du "harsh noisy beat"
(si vous le voulez bien) et on le verrait bien s'appliquer à
une version 2000 des «
Temps
Modernes »,
ou à un hypothétique «
Dancer
in the dark »
issu d'une collab' avec Lars Von Trier. Car question machinery, le
constructor est incollable.
Il continue ainsi à nous englober de sons plus hypnotisants
les uns que les autres : des nappes enjôleuses tâchent
de détendre l'atmosphère crispée d'un drum n'
bass crissant, des rythmiques décalées se mêlent
à des métronomes impitoyables, tout ça dans un
espace sonore prêt à imploser. On notera au passage (attention
: subjectivité garantie) quelques touches d'exotisme : des
rythmiques afro-polaires, des samples asiatico-hallucinants (ITAMiiiiiiii
)
et une ambiance de messe bouddhiste passée au vocoder (cf.
«
Resolution
»",
aromatisée aux Tibetan Herbals).
Bref, que du bon, et en bonus pour les déchaînés
des platines, un L.P. est disponible («
Firebloom
» -
Hymen ¥ 026), incluant un «
Mallorca
macho mix »
de «
Death time »
par Synapscape
à se procurer de toute urgence.
NB : notez dans la foulée la sortie de «
Erode »
E.P., la collaboration de Converter avec Asche et Morgenstern (Ant-Zen
act 123). On vous en reparle tout prochainement. En attendant, remember
: " DO NOT TAKE CANDY FROM STRANGERS "
Deedoon