MIMETIC MUTE « Negative » (Prikosnovenie / Lytch) - 2000

 

Mimetic. Aujourd'hui Mute, hier Kino, avant-hier Field, Birth dans la nuit des temps. Toujours Jérôme Soudan, qui tape sur les fûts chez Von Magnet depuis 93, mais qui compose aussi pour cette tribu faisant de la mondialisation une aventure sonore, physique et libertaire, au sein d'un espace presque virtuel, du moins sans cesse réinventé. Le lien est évident. Le fil d'argent qui relie Mimetic au collectif scintille de mille feux.
Sentiment personnel, « Moot point » paraît se plonger dans une authentique utopie rave où la transe ne peut être que libre, se jouer du temps et de l'espace dans un orgasme acide, oriental, quasi ancestral où les pulsations font gronder le sol.
« Dubious » sécrète une agressivité salvatrice. On nous parle de révolution. C'est bien là une bande-son idéale ! Entre drum & bass, industriel, et…toujours cet Orient captivant qui éclaire le ciel de teintes inouïes.
Puis
« Hasell44 » qui rappelle « Ground Veil » de Scanner ; une voix féminine, à intervalles réguliers, se glisse dans nos appendices auriculaires via une hypnotique danse du grésillement.
« Negative »s'impose comme un temple du rêve, un monument de toute beauté, intemporel. Une boucle arabisante se prélasse à l'abri de l'architecture d'un rythme opulent et enivrant. Cette visite presqu'interactive d'une goutte onirique fantasmée est trop courte !
« Zuckung », breakbeat industriel décisif - « Chilling » impose un îlot de vie organique quelque part dans l'antimatière - « 4min33 », assourdissant de silence, un hommage à John Cage - et une flopée de micro productions atmosphériques ou plus feutrées.
« Ozonschicht » marque l'achèvement de cette étape, d'un ton martial et déconstruit, brouillant les multiples pistes que nous possédions. De gros cylindres d'uranium enrichi se bousculent pour venir se payer une insensée partie de trampoline sur de gros matelas de caoutchouc scotchés au sol et au plafond.
« Negative » peut se révéler ainsi. D'une richesse extraordinaire, d'une maîtrise incontestable, oecuméniquement post-industriel, scotchant ! Une énigme reste à résoudre cependant ; son alter ego « Positive » sorti chez Moloko+.

Fog