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OCTOPUS INC. «Mere things and mindless creatures » (Kracfive 007) - 2000
Le label californien Kracfive en est à sa septième sortie et on les avait jusqu'ici toutes loupées : grand temps de réparer la négligence, car Kracfive nous intéresse. Cette jeune structure s'est jusqu'ici concentrée sur deux projets distincts : Colongib a.k.a Chris Graves, et Octopus inc. a.k.a Noah Sasso, les deux auteurs étant les deux coresponsables du label. Dans l'ordre d'accusation de réception (plaignez-vous à l'ambassadeur, si vous pas contents), Octopus Inc., pour commencer : Alors. Tout commence en grande douceur, et translucidité, les premières auditions se tiennent coites, en somme, loin d'engranger quelque révolution domestique que ce soit. Pas de tohu-bohu ni non plus d'otite en vue. Il n'y pas non plus, et c'est tout aussi remarquable, de ce qui fait la marque de l'electronica "de maintenant" : à savoir, ces tessitures flouées et cette grammaire rythmique sophistiquée, qui sont la marque de l'influence prégnante du travail de Autechre sur cette production "actuelle". Tout ici, joue la transparence, la rondeur sonore - encore que , certaines basses rugueuses et lourdes viennent en contrepoint-, les accents ambient "planants" , voire dub, bref classiques. Et l'on se surprend à être très surpris de cette tournure mélodique que prennent les élans de ce disque, l'on se rappelle alors qu'il y a quelques années, déjà, la Californie était cotée pour une certaine "ambient-trance" aux accents naturalistes, orientalisants, etc. Sauf que rien n'est si simple, et dire de ce disque qu'il est plus "classiqu" que l'ensemble d'une production aux accents parfois trop communs serait simpliste, justement. Car dans ce qui constitue le terreau d'inspiration sonore du jeune Noah Sasso (à peine vingt ans, et déjà cette maîtrise de l'instrument et cette maturité d'approche, ça laisse songeur), il y a mille choses, entrelacées, intriquées, ironiquement contradictoires : et, du coup, du calque et du papier carbone on est très loin. De la facilité également on est très loin, car la limpidité régnante, et, à tout le moins, activement recherchée, pour être réellement existante, ne saurait consister en un cliché, un emballage. Pour exemples, l'ambivalence persistante de climats de ce morceau (le 4, « Milano »), entre babillages aquatiques et générique de fumées urbaines. La machinerie déconstruite coupée des scratches tonitruants du 5, « Headkem ». La splendeur xylophonique, douce entrée en léthargie, du 12, « Barnacle co ». Et l'ambient sombre et soudainement gonflée aux hormones (cette rythmique, Olivier Moreau ne l'aurait pas reniée) du 9, « Lull ». La variété qui règne ici n'est pas artificielle, non, et ceci constitue un des disques les plus timidement majeurs de cette année 2000 écoulée. Mr Øpless |