MARCO PASSARANI « 6 Katun » (Nature 2117) - 2000

Ce premier album du compositeur phare de la "Planet Rome" est paru sur son propre label, Nature en 2000. Et si l'on en n'a pas prioritairement parlé dans nos colonnes, c'est peut-être à cause de la déception qui nous a d'emblée saisis lorsque nous nous sommes aperçus que seuls 6 des 10 morceaux étaient inédits. Certes, ceux qui ont raté « It will be what it was » (Nature 2105) et « The 3rd Quadrant » (Nature 2106) ou encore le « Natural sampler » sur Final Frontier (où Passarani se présente aux côtés d'Eugenio Vatta, Jolly Music et J's Pool) tiennent ici l'occasion de se procurer peut-être les plus beaux titres de ces différents et somptueux maxis. L'album vaut alors l'achat rien que pour les « New Wave » 2 & 3, « Floid » et « Zep Tepi ».
Quant au reste du disque, il fait toujours la part belle aux dérivés electro, plus lents et moins acérés qu'auparavant. Et après quelques écoutes, il apparaît clairement qu'il serait mal venu de faire la fine bouche : l'italien sait encore nous faire danser avec des séquences rythmiques très accrocheuses (
« Phonok » - dont des remixes ont par la suite été publiés par Skam) et continue de composer de miraculeuses mélodies sur la tangente entre l'élégie et la mièvrerie, avec un souci permanent de l'harmonie. Son travail aurait même tendance à s'affiner, comme le laisse penser « Godfather's minuetto » et son groove downtempo habillé de légères touches synthétiques en staccato, incitant aux petits mouvement d'épaules et de hanches. Idem avec le doux et rêveur « Green cycle » qui se déploie tout en fluidité, ou « Nokkor » qui s'inscrit dans le haut du panier electronica de ce début de siècle. Même « Sowon », peut-être le moins subtil de tous ces nouveaux morceaux - le leitmotiv évoque ses premiers enregistrements - reste convaincant grâce à sa jolie collection de "beats and bleeps" à mi-chemin entre Anton Price et Anthony Rother. Du coup, loin du bilan en demi-teinte que ce début de chronique laissait augurer, nous vous encourageons vivement à vous procurer « 6 Katun », même si vous suivez Passarani depuis quelques années. Car le charme musical du garçon continue d'opérer, soyez-en convaincus…

S.Y.D

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