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RADBOUD MENS « Sine » (Staalplaat 147) - 2000
C'est à la faveur d'un album éponyme, autoproduit que la formation Radboud Mens se sera fait connaître auprès de Frans de Waard. Et comme pour stigmatiser de manière unique cette relation naissante, Staalplaat a intégré la formation à la sublime « Material Series ». A y regarder, rien de bien étonnant à cela si l'on considère les participants précédents (Kozo Inada, Andreas Berthling et Goem), Tous praticiens émérites, tous fervents défenseurs de la texture sonore. Le procédé se démocratise mais l'approche reste encore singulière et confinée. Importer depuis des softwares, des sources diverses, images, textes et les traduire, en répercuter le sens dans une continuité sonore. A partir de ces données abstraites, factuelles, la formation créée, ordonne et pour tout dire harmonise ses infos en une musique à base de "sine waves", oscillantes par définition (de 25Hz à 45Hz selon les morceaux) quelque peu clinique dans ses traitements, petit blips et clic certifiés Data, mais avant tout chaude car intime et opaque aux vues extérieures. Une expérimentation taillée à la mesure d'un placard à jouets. Un album de style, où s'enchevêtrent les spectres évanescents d'Oval, la langueur d'un Thomas Köner et l'énergie retenue d'un Komet (en plus intime, encore une fois). Pas de prétention à la mélodie, pas d'échappée folle du rythme, simplement une attitude pragmatique et résonnée vis à vis du son, une pratique quasi universitaire, laborantine. Le contrepoids minimaliste d'un autechre?!? Julien Jaffré |