SACK & BLUMM « s/t » (Tom Recordings 005) - 1999

Nous voici au cœur d'un échange musical par voie épistolaire (postale ou numérique, nous n'avons pas de précisions) entre Cologne, où réside Harald "Sack" Ziegler et Berlin, au domicile de Frank Schültge "Blumm". Echange qui a donné lieu à ce que nous considérons par ici comme un petit chef d'œuvre, édité à 2000 ex. chez Tom Recordings (devenu depuis Tomlab).
De quoi s'agit-il au juste ? Et bien, les deux musiciens ont composé une série de ritournelles aux motifs simples et colorés à l'image de l'artwork réalisé par un certain Boris Hoppek (avec un verre et deux brosses à dent en couverture du digipack). Les rythmiques mécaniques aux sonorités très Fischer Price sont le travail de Sack dont les performances qu'il réalise à partir de sa collection de jouets pour enfant sont semble t-il réputées outre-rhin. Blumm glisse alors ses cordes de guitares, étirements d'accordéon et bien d'autres souffles ou soupirs à l'humeur changeante, Sack revenant enfin avec son cor (un instrument qu'on entend bien rarement) au creux de mouvements décomposés - parfois presque fluide - élevant ainsi chaque morceau jusqu'à la cime de nos âmes.
Lorsque Sack&Blumm optent pour la mélancolie, celle-ci se révèle tout à fait poignante (
« Seathing », « Homeglow » aux allures de doux requiem dont on rêverait qu'il ait été écrit pour soi) et l'on va jusqu'à se laisser tenter par d'étonnantes comparaisons, quand le magnifique « Ebb » prend les formes d'une libre adaptation instrumentale de la plus belle des complaintes de Ferré… Un chavirement à en faire mal au cœur.
Et puis, cette collaboration recèle aussi de nombreux moments véritablement dynamiques, depuis les ballades à l'électronique juteuse (
« Baby bass bus ») jusqu'aux déhanchements façon afro-antillaise de « Marmel » en passant des choses d'inspiration tribale (« Papa west », « Barn tupper ») ou des essais exagérément mélodiques et plutôt ludiques (« Pim pom pom ! » ), voire carrément marqués par une velléité technoïde (« Sixtease »). Autant ne pas en rajouter sur les subtilités harmoniques et les richesses d'arrangement qui enluminent cet ensemble dont, vous l'aurez compris, il devient très difficile de se passer une fois l'acquisition réalisée. Un peu comme un disque de Pierre Bastien (« Musiques Paralloïdres » par exemple) à qui on pense à plusieurs reprises, en compagnie de nos nouveaux amis Sack&Blumm.

S.Y.D

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