SNOG « Relax into the abyss » (Hymen ¥ 711) - 2001

David Thrussel est un homme occupé. Au moins autant qu'un employé de chez Mc Do, mais une partie de son énergie est justement destinée à souligner l'absurdité totalitaire dont cette enseigne n'est qu'un symbole. Et ce à travers Snog, le pendant extraverti de son projet-phare, Black Lung.
Petit frère remixé du
« Third Mall from the sun », ce « Relax into the abyss » est l'occasion de passer en revue, de manière non exhaustive, les agents alliés de Thrussel et de s'intéresser à quelques ajouts du meilleur effet. Ca commence avec la virtuosité et la profondeur d'âme un brin tordue de Beefcake, la suite s'avérant dans l'ensemble plus excitée du ménisque ou du scaphoïde. Jetez un coup d'oreille à la réinterprétation d'« Ubin » et vous ne serez pas déçus. Ici, le mot "funk" n'est pas une insulte et il y a un petit côté "Foutage de gueule" à la R.D. James dans ce morceau qui le rend irrésistible.
Spacecat et Shinkuju Thief se la jouent obscurs avant tout, Xingu Hill et Thrussel (de retour dans son costume de Black Lung) privilégient de leur côté un travail minutieux sur le rythme. Quant aux Low-key Operations et autres Shaolin Wooden Men, c'est une entreprise de ratiboisage, luttant contre toute forme de réticence, qui prime pour eux.
Enfin,
« Are you normal enough ? », revu par François Tetaz (qui avait déjà bossé avec Thrussel mais aussi avec Muslimgauze, pour le situer) fait valser les violons au milieu de breakbeats massifs à souhait.
Vous voudriez qu'on vous parle du boulot strictement "maison" ? C'est bien parce que vous avez le mérite de lire l'Ultime Atome ! On retrouve donc David Thrussel en dribbleur hors-pair sur quatre réinterprétations supplémentaires, du sombre ambient de
« The infernal advocate » au drum n' bass en toute liberté (la version « End encourage less normalization » du titre « Are you normal enough ? ») en passant par le requiem-hop de « The crumbling land », la palme du vitriol revenant à « State rape » et son sample pouët-pouët issu du genre "sombre merde américaine des années 50", à la manière de ce qui inondait les Disney de l'époque.
Restez donc relax, mais notez que la version vinylique est plus succincte que le CD. Ce disque un peu fourre-tout fait en tout cas figure d'excellente compilation, et les camarades appelés à la rescousse se sont bien lâchés. En somme, le pays des kangourous nous rappelle une fois encore qu'il n'est pas seulement capable d'exporter le pire (AC/DC, Kylie Minogue ou INXS), bien au contraire.

Fog

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