V/A « Music volume one » (Benbecula 008) - 2000

Benbecula ? Quid Benbecula ? Un mix inédit de barbecue et Dracula ? Quelque chose qui brûle et qui pique, en somme. Et bien non, nous n'y somes pas du tout. Car ce jeune label écossais (from Edinburgh) fait dans le tout-sucre, comme peu l'osent. Sinon des patissiers virtuoses comme Novel 23. Novel 23 que, ô hasard, l'on découvre, large sourire aux lèvres, au coin d'une piste de ce CD…(le monde de l'électro-lolly-pop est vraiment tout petit…). Le jeune russe nous offre ici une incroyable balle très old school, une sorte de trance comme seul Aphex Twin en son jeune temps ( sur le « Selected ambient works vol.1 ») a osé/réussi en faire.

Des vagues synthétiques lyriques (et percutantes), irrésistibles pour tous ceux qui aiment…les vagues synthétiques lyriques (et percutantes). Ceux qui aiment (j'en suis) s(y retrouveront, car l'ensemble du recueil est tout aussi mellow. D'emblée Beluga, reporter animalier, baigne dans le tout-synthétique, au point de faire revivre en nos mémoires le souvenir du (défunt ?) Vangelis. C'est savoureux, pensé-je, sachant ma subjectivité grandement responsable, car beaucoup de mes confrères se gaussent (pendant que d'autres vomissent). Fibla, espagnols censément auteurs d'un album chez Sub Rosa, compliquent un peu l'ambiance, samplant Autechre pour en restituer le grain, accéléré, au cœur d'un climat musculeux : du groove de trappeur ombrageux. Le suédois Michael Romanenko, énième révélation septentrionale (après Hobby industries et Komplott : :, cette année), a confectionné pour tous, jusqu'aux plus rétifs, une douceur post-rock sensuelle et ensoleillée.

Bauri (encore un Nordique, finlandais cette fois) accrédite une nouvelle fois son aptitude au gribouillo-patouilage sonore, avec une pétarade minimale parfaite pour les accouplements dans de la neige de deux-trois jours) : Ça ne cesse de se compliquer et de s'enchevêtrer plus sans rien laisser de cette harmonie en chemin. Les locaux de Phase 6 se situent loin dans le temps, loin dans la neige, dans la forêt la nuit, quelque part entre Moroder et Vangelis (tiens, encore !), et préparent le terrain pour une éventuelle séquelle du film « The thing ». C'est adorablement ténébreux. En version CD (promo, uniquement), Fibla remettent le couvert en argent et la jolie nappe qui va avec, pour une jolie chose évanescente. Phase 6 déçoivent un peu, avec un répétitisme, certes de bon aloi, juste un peu trop effréné dans son tempo pour porter vraiment. Au final, ce label est assurément une des révélations de l'hiver, et mérite d'être suivi de près. Ne serait-ce que pour les minois des jolies Vénus qui ornent les pochettes.

Mr Øpless

http://www.benbecula.com