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V/A « Popular series teil.1+2 » (Heimelektro 015) - 2001
Nous ne reviendrons pas plus sur le premier volet de cette saga ironiquement (quoique ?) intitulée « Popular Teil », déjà paru en édition vinyl en 2000, et chroniqué ici même. (S'y retrouvait un peu de la crème de l'hountergrountt teuton, occupée à rivaliser d'ingéniosité minimale.) Ce qui retient notre attention pour le coup, c'est le second volet de cette série qui en comportera six et donc, le deuxième cd de ce joli digipack. Entre temps, Heimelektro a su surprendre (et pas seulement en bien), en ouvrant notamment cette sous-division parfumée, étiquetée Dance et vanille : ce que certains ne feraient pas pour dérouter, hein tentative d'ouverture la plus maximale possible, en somme. Ce que vient confirmer ce recueil deuxième, avec huit interventions on ne peut plus bigarrées. Attention Industries, en guise d'introduction, pour un générique de dessin animé (de la première moitié du 20ème siécle), basé sur un dialogue entre harpes et hautbois qui se mue en chose moderne et nordique Solvent, ensuite, et les choses sérieuses prennent corps - corps qui ne manque pas de fantaisie - : une électro joueuse et pas sotte, où les machines sifflent dans des appeaux pour puces : la livraison en vinyl pourra être utile à nombre de mixeurs électro désireux de construire un set plutôt que d'empiler les balles sans logique autre que la montée en puissance. Jetzmann, avec « Cheerleader », est la tuerie du disque. Cette comptine trache chantée en teuton sur fond de guitares sales fait quelques frissons, et confirme un truc que nous ne cessons d'affirmer : les balles, justement, de nos jours, ne sont plus là où on les attend. Celle-ci, pour le coup, tue et continue de frapper ensuite : elle réveille les morts, en somme. Thd, avec leur « Indian jungle », ainsi que ce nom l'indique, ont fait dans le plus classiquement synthétique. À l'intro téléphonée un peu lourdingue - l'analogique insistant dont on sent venir le développement à trois kilomètres - succède une allègre gambade de drum'n'bass légère. Agréable, mais un peu trop mièvre. « Sodaclub » est le deuxième morceau chanté du disque. Dans la foulée de Scarcubem il se la joue pop. Outrancièrement pop, même : les voix vocodées le sont à grand renfort de sucre glace, jusqu'à virer cartoon et comique. (Assez) agréable, ou (très) irritant : c'est selon l'humeur. À partir du Suchtrupp, le goût du traitement maniaque de la matière sonore, des jeux avec cette matière, tels qu'on les avait goûtés sur le premier volet, reprend ses droits. Suchtrupp exécute de la musique contemporaine du meilleur goût, excessivement belle, mélodieuse et tragique, campée sur des appuis de glace. On songe à Gorecki ou Zbigniew Preisner (B.O.F « Bleu ») . Elf Attn. Industries reviennent alors, avec un track tout aussi abouti et chargé de sens que celui de Suchtrupp, tel son pendant percussif. S'y nichent des rebrousse-poil rythmiques et harmoniques qui rappellent certaines des productions de Leaf records. Move D. (from Source records), pour clore, a pondu une merveille de downtempo fielleux, au climat compliqué, aux luxueux fauteuils de cuir où se nichent des gueules de bois fortes en gueule. C'est donc une compilation sciemment inégale puisque férocement hétéroclite, que celle-là, qui fait plus que de nous rassurer sur l'avenir de ce label : elle en confirme la richesse, qui tout comme les lacunes, tient en cet obstiné refus de toute étiquette. Mr Øpless |