CHANDORA « Time, no time » (CDr auto-produit) - 2001



Après une première face vinylique pour La Galette Intégriste (premier maxi de la collection « L’art et la guerre » en compagnie de Rotator), voici enfin le premier album du compositeur rennais Gaël Chandora. Bien que résolument introspectif, il cherche pourtant un label pour le publier.
Sa musique fait ici une place importante au silence (d’aucun parlerait d’espaces de repos) et évoque autant les profondeurs abyssales explorés par les porteurs du projet S.E.T.I. (Andrew Lagowski en tête) que les dissonances de la musique dite “improvisée”. Les rythmes qui apparaissent au bout de longues minutes chaloupent et s’étirent, puis disparaissent sans qu’on s’en aperçoivent. Plus loin, vrombissements, déflagrations, cliquetis et claquements digitaux s’extirpent de l’opacité, formant un nouveau mouvement. C’est alors un court et pur moment lumineux, plutôt enjoué. Et c’est ainsi qu’évolue l’album de Chandora. De l’ombre à la lumière, de la fluidité à la rupture. Et inversement. Sans surprise sonore manifeste, « Time, no time » n’en est pas moins une étrange et belle divagation, à l’image de son auteur, fragile, romantique et au fond, drôlement touchant. Et puis, n’omettons pas de signaler l’incroyable ballade des damnés en fin de disque, aussi décalée qu’inquiétante (« Ton âme est un tombeau ») qui en vaut à elle seule l’acquisition. A partager et diffuser, car « Time, no time » mérite sans nul doute de trouver très vite une maison de disque.

S.Y.D.