CHRISTOPH
DE BABALON « Destroy Berlin ! » (DHR 007) - 1996

Tandis que la Dark Jungle (pardon, aux dernières nouvelles
il vaut mieux parler de Hardstep pour ne pas passer pour un tocard)
revient en force depuis la perfide Albion, la fureur Digitale devient
enfin accessible dans nos provinces reculées. Pour peu quon
soit attentif aux arrivages dimportation et rapide à
lachat (ne vous battez pas pour autant !), il est possible
de faire hurler sur vos sonos les breakbeats cinglant et urgents
des DHR et autres Riot Beats, dont la plupart des productions nous
parviennent des No Man's land déchiquetés de Berlin.
Chez DHR, outre les indispensables LP 3 (par EC80R) et 4 (par Alec
Empire), il faut signaler aussi les simples, comme ce 007 sorti
semble-t-il après le 008. Il sagit ici dun manifeste
punk cette fois made in Hamburg, de la part de Christoph de Babalon,
quon avait déjà remarqué sur Fishkopf,
lautre label breakbeat allemand (« Love under will »
E.P. Fishkopf 002).
La violence se ressent ici surtout par une rythmique sèche
et glaciale, faite de coups de lattes et de cinglantes rafales.
Face A, « Residuum » joué en 45 tours évoque
le Nightmare Mix de PCM sur « Ellipsis » de Scorn, certes
en beaucoup plus rapide. Pour ceux qui ne connaissent pas cette
dernière référence : primo, achetez ce qui
constitue un des meilleurs albums de remixes jamais publiés,
secondo, sachez quon parle ici dune Drum nBass
implacable, au dessus de laquelle tournent les sirènes affolées
de lappel à la danse.
Face B, « Nameless » est construit en deux parties.
La première est un songe, comme une hypnose brumeuse où
le break hargneux du milieu semble un réveil brusque. «
Nameless part 2 » est, quant à elle, élaborée
à partir dun track acid du « Metatron »
E.P. de NoFace (Praxis 008) : Intro façon attaque gabber
déviant sur un breakbeat âpre, où lacid
est retenu de façon répétitive comme pour mieux
signifier lénergie que possède le morceau. Un
véritable tube en puissance à jouer très fort
pour faire vibrer le dentier du voisin.