COOPERS (Dum 16) - 1994
T KOSTINEN « Raidat » (Dum 19) - 1995


La notion de musique “expérimentale” est toujours à manier avec précaution. Les avant-gardistes finlandais de DUM, homologues de Sähko, avec notamment Monojunk, continuent de s’aventurer sur ce terrain quelque peu difficile et casse gueule. En effet, la frontière est toujours dure à discerner entre musique véritable et brouillon sonore, sauf si c’est réalisé de main de maître. Ecouter Dum, tout autant que Sähko et quelques autres nécessite parfois d’accepter l’abstraction musicale, l’harmonie désarticulée.
Ainsi, sur « Raita Kolme » (Dum 19), le beat irrégulier part dans tous les sens, et déroute à chaque seconde : seule nous guide une mélodie de sons suraigus. A l’écoute de « Raita Nolla », morceau de techno soutenue, des crissements irréguliers, sorte de riffs grinçants, viennent déranger (ou interpeller) l’auditeur. Toute l’astuce de tels morceaux réside dans le fait qu’ils semblent bancals mais parviennent néanmoins à tenir debout... et faire danser.
Sur Coopers (Dum 16), les morceaux sont déjà plus “normés”, et plus modérés. Minimalisme de rigueur ; pour DUM, quelques notes de contrebasse et une 303 suffisent à faire un morceau évolutif. Le reste est du même acabit, hormis le remix de Monojunk substituant les pieds à des souffles d’infrabasses.
Vous l’avez compris, DUM est un label à écouter au moins pour découvrir des curiosités sonores.

Opal