COVENANT « United States of Mind » (Mindbase) - 2000

Les suédois de Covenant sont à la fois dérangeants et séduisants. Héritiers naturels de Depeche Mode et de l’EBM, ils ne se nourrissent pas moins de tout ce que la musique électronique enfante, du plus “tendance” au plus underground. Après digestion ils accouchent à leur tour d’un style bigarré et pourtant homogène, qui, de plus, semble (avoir le mérite d’) évoluer à chaque album – ils existent depuis dix ans.
Se voulant un simple groupe de pop, leurs morceaux sont accompagnés de paroles, et ce faisant il convient de préciser qu’ils marient musique et chant avec brio. Un trait frappant de leur son est l’utilisation (dans le cadre de la “digestion” mentionnée plus haut) de certaines ficelles qui sonnent “commercial” et qui sont pourtant complètement détournées de leur contexte d’origine, sans complexe aucun. Sur le compte d’une naïveté feinte, à la fois consciente et sereine, ils redonnent vie à des sons piétinés par les opportunistes tout en les accouplant avec des idées plus agressives…et tout ceci dans une optique pop ! De plus, une certaine mélancolie hante cet album pour un résultat où l’émotion est un vecteur incontournable de la beauté.
Pour boucler leur identité atypique, à l’image de la propreté de leur son, ils se fringuent en costards, ironisant sur le fait que « dans une culture où le comportement normal de la jeunesse consiste à hurler des obscénités aussi fort que tu peux en t’habillant comme un mercenaire, c’est devenu une forme de rébellion inversée que de porter un costume et de réfléchir avant de parler » (cf. une interview qu’ils ont accordé au magazine Elegy).
Goûtez donc le suc electro-pop frais et original de ces trois dandies intellos…

Fog