CYANIDE « Confine » E.P. (UW 006) - 1999

Pseudo empoisonné pour le 1er maxi du dj Joker, dont on rappelle au passage le talent si peu exploité par les organisateurs de plateaux dits “Hardcore”. Mais ce disque, paru sur le label technoïde le plus innovant depuis presque deux ans, annonce peut être le moment d’enfin faire exploser les “beats à fragmentations” sur des dancefloors à tendance monolithique. La sidérurgie épileptique telle qu’elle est pratiquée ici, comme chez les amis de la “Planet Rome” ou encore de la “Mutulation Chamber” en pays de Galles, a déjà en effet manifesté ses propriétés soniques autant que sudatives dans plus d’une soirée entre verre et acier, dont nos lombaires surmenées se souviennent encore ! Ainsi, 1999 doit être l’année du détournement de beat, et de la prise d’otage du groove... Du moins, on peut en rêver...
Au coeur de l’action, ce « Confine » E.P. ne craint pas la comparaison avec ses aînés puisqu’il a su leur emprunter l’essentiel - la dynamique des structures et de leurs articulations - pour l’infuser dans les rouages et nervures d’une mécanique hybride bel et bien inédite. De ce fait, les cinq tracks recèlent une énergie conséquente, impeccablement canalisée depuis les breaks où elle s’engouffre soudainement jusqu’aux saturations et stridences à la précieuse ciselure. Joker impose ainsi sa vision musicale de la métallurgie en bloc opératoire, toute en variation syncopée du thème et rupture rythmique sous anesthésie mélodique fine et lumineuse. Et, réitérant ses engagements de ferrailleur du groove, il livre notamment deux tracks « C33 » et « Chrysalide » aux tourmentes d’un crossfading instinctif : marteau pilon giclant et clinquements stroboscopés, Joker joue à l’electrokiller et ce rôle lui va déjà à merveille.

L'Aspirateur