DEADLY BUDA « Morph beats on » (Praxis 014)
CYBER CHRIST « Information : revolution » (Praxis 016)
DISCIPLES OF BELIAL « Goat of mendes » (Praxis 017) - 1996

 

La guérilla Londonienne multiplie les attaques et s’exporte : la Théorie du Foyer aurait-t-elle une application sonore ?
Trois disques en à peine un mois, trois bombes qui suivent de près la salve des 11, 12 et 13, d’une puissance déjà redoutable. Praxis s’installe désormais à la tête de l’armada Hardcore européenne et plus la violence fait rage, plus la popularité s’accroît. Il est sain que l’engouement se porte sur ces travaux d’une qualité exceptionnelle quant à la production, développant des idées musicales renouvelées et alliant le tout à une base politique des plus intéressantes.
Ces dernières plaques confirment la volonté de ne sacrifier à aucune règle et ne tomber dans (presque) aucun piège que tend la facilité ; l’efficacité reste de plus assurée. Chacun de ces maxis recèle d’au moins un, voire plusieurs titres absolument cartons, et d’autres plus subtils qui laisseront cois beaucoup d’aspirants au bruit.
Le 14 reste d’emblée le moins bon : trois pièces essentiellement axées sur des samples de voix, ce qui à mon goût, n’est pas du meilleur effet même si cela donne un côté puissant par la répétition. Mais du point de vue commercial, il faut avouer que cela se retient bien et tend à en faire des tubes. « Cross Roads » est la farce du moment avec ses violons irlandais éthyliques assez entraînants (à remarquer le son off choisi pour nous donner l’impression d’être à l’entrée de l’entrepôt où a lieu la Rave). « Rythm of Death », complètement déjanté, plein d’une tornade de bruits reste le meilleur morceau.
Le 16 est ma préférence : réalisés par CyberChrist a.k.a. Biochip C, voilà quatre trax plus sobres et largement aussi efficaces que le meilleur titre du 14. Trois d’entre eux déclinent différentes façons de concevoir la frappe Hardcore, de la plus efficace (pieds énormes avec cris électroniques et alarmes déglinguées) à la plus hypnotique (moins rapide), se permettant des percussions décalées et imprévisibles. Pour le quatrième, il est question d’apaisement avec percus afro, non sponsorisées par Usinor... Une nappe douce et discrète se perd et tourne en rond accompagnée de quelques petits sons analogiques.
Quant au 17, il réjouira les amis du Hardcore sataniques qui lui feront la plus belle place lors du prochain sacrifice de Clubber sur l’autel de Belial. Retour donc, des D.O.B. après le démentiel Praxis 7 : figure démoniaque sur le rond central, vocaux amples et sinistres (voire grand guignolesques), la furie est bien la vocation des auteurs. Hardcore quasibasique (voire presque Death Metal) ce disque tape fort. Très fort !