La
guérilla Londonienne multiplie les attaques et
sexporte : la Théorie du Foyer aurait-t-elle
une application sonore ?
Trois disques en à peine un mois, trois bombes
qui suivent de près la salve des 11, 12 et 13,
dune puissance déjà redoutable. Praxis
sinstalle désormais à la tête
de larmada Hardcore européenne et plus la
violence fait rage, plus la popularité saccroît.
Il est sain que lengouement se porte sur ces travaux
dune qualité exceptionnelle quant à
la production, développant des idées musicales
renouvelées et alliant le tout à une base
politique des plus intéressantes.
Ces dernières plaques confirment la volonté
de ne sacrifier à aucune règle et ne tomber
dans (presque) aucun piège que tend la facilité
; lefficacité reste de plus assurée.
Chacun de ces maxis recèle dau moins un,
voire plusieurs titres absolument cartons, et dautres
plus subtils qui laisseront cois beaucoup daspirants
au bruit.
Le 14 reste demblée le moins bon : trois
pièces essentiellement axées sur des samples
de voix, ce qui à mon goût, nest pas
du meilleur effet même si cela donne un côté
puissant par la répétition. Mais du point
de vue commercial, il faut avouer que cela se retient
bien et tend à en faire des tubes. « Cross
Roads » est la farce du moment avec ses violons
irlandais éthyliques assez entraînants (à
remarquer le son off choisi pour nous donner limpression
dêtre à lentrée de lentrepôt
où a lieu la Rave). « Rythm of Death »,
complètement déjanté, plein dune
tornade de bruits reste le meilleur morceau.
Le 16 est ma préférence : réalisés
par CyberChrist a.k.a. Biochip C, voilà quatre
trax plus sobres et largement aussi efficaces que le meilleur
titre du 14. Trois dentre eux déclinent différentes
façons de concevoir la frappe Hardcore, de la plus
efficace (pieds énormes avec cris électroniques
et alarmes déglinguées) à la plus
hypnotique (moins rapide), se permettant des percussions
décalées et imprévisibles. Pour le
quatrième, il est question dapaisement avec
percus afro, non sponsorisées par Usinor... Une
nappe douce et discrète se perd et tourne en rond
accompagnée de quelques petits sons analogiques.
Quant au 17, il réjouira les amis du Hardcore sataniques
qui lui feront la plus belle place lors du prochain sacrifice
de Clubber sur lautel de Belial. Retour donc, des
D.O.B. après le démentiel Praxis 7 : figure
démoniaque sur le rond central, vocaux amples et
sinistres (voire grand guignolesques), la furie est bien
la vocation des auteurs. Hardcore quasibasique (voire
presque Death Metal) ce disque tape fort. Très
fort !