ED RUSH « Mothership » (No U Turn 016) - 1996



Pour une fois, je me fonds dans le consensus journalistique pour crier les joies du D N’B comme on dit quand on est “in”...
L’éclatement des rythmiques fait figure de big bang musical, offrant semble-t-il une infinité d’alternatives au beat de base. Mais contrairement à ce qu’il est bon ton de penser, je ne me répandrai pas pour autant sur un quelconque côté rébarbatif du binaire “classique”, ce qui rimerait avec un réel manque d’intégrité...Réjouissons-nous plutôt de l’apport de la musique techno entre autres influences multiples, aux breakbeats de tout ordre, de l’électro à la jungle. Le travail d’Ed Rush, est justement le fruit de ces nouveaux croisements musicaux, même s’il se réfère à des producteurs de la première vague drum n’ bass, tel que Doc Scott (vague qui n'avait d’ailleurs atteint les côtes françaises qu'avec très peu d'ampleur en 1993). On parlait alors déjà de jungle “dark”.
Les importateurs se décidant enfin à s'intéresser à la jungle dans son aspect le plus puissant et novateur, voici que nous en découvrons aujourd’hui le meilleur représentant : No U Turn. Le son drum n’ bass enfin débarrassé des systématiques vocaux féminins toujours plus proche d'une cocotte minute que d'Aretha Franklin – cette foutue tendance au recyclage du pire de la soul via le garage house – on peut enfin groover avec vigueur et rebondir sur les Boombasses assassines du jeune Ed Rush et de son label londonien.
Voici donc deux titres en 2700 rotations par heure, dont la pulsation d’attaque se situe du côté des 180 Bpm. Le breakbeat se la joue répétitif, ne focalisant donc pas sur un effet de véritables cassures rythmiques impromptues, mais sur un groove incessant. Sur la logo side « Defect » possède une voix inconnue qui fait écho à une clameur urbaine lointaine, tandis que des nappes linéaires passent et repassent. De l’autre côté « MotherShip » démarre sur une même tendance de bruissements, accompagnés de légères percus afro. Le breakbeat arrive avec sa basse ronde, et celle-ci se met d’ailleurs à jouer la mélodie pour évoluer en 2nde partie vers une boucle séquentielle au son très PCP. Deux plages qui, gardant un aspect plutôt sérieux, n’en sont pas moins dansantes.
Moralité : foncez acheter du No U Turn ; en plus c'est à la mode !

S.Y.D.