Il ny a pas que le new beat dans la vie, ptain,
me râlait encore à loreille mon dévoué
confrère S.Y.D., hier soir, accoudé au comptoir du
bar de la marine. Très concentré sur une analyse bégayante
démotions du fameux « Acid drill » de Edwards
& Armani, je me contentais de répliquer dun simple
sourire, crânement sûr de son fait... et ce jusquà
ici et maintenant (bon, cest vrai, entre-temps, jai
aussi dormi).
Car cette émanation, si elle nous vient dun label tout
aussi belge que le new beat, a de tout autres consonances, bien
entendu, et une force poétique évidemment supérieure.
Le big boss Acid Kirk (lui voir apposer ce qualificatif ne peut
que faire sourire) édite ici une errance ruisselante deaux
fort troubles, signée par un certain Miles Brennan. Pastels
(sur le très pacifique « Throwhim out the window »)
et ténèbres prennent une co-location sur les deux
faces du E.P., et sentendent à merveille pour alanguir
sans apaiser. Fermer les yeux sur un tel disque, amène un
chavirement immédiat dans la cacophonie fantasmagorique la
plus complète. Difficile de mettre la main sur la chose à
laquelle on rêve : déguster du gâteau de riz
à la Barbade avec Jack Nicholson, ou dîner en tête
à tête avec Winona Ryder à Sarajevo en juillet
1914 ? Cest selon, selon quoi, je ne sais... Il y a du jazz
là-dedans, mais un jazz sous lemprise des éléments.
Fluctuant jusquà troubler.
Lauteur est aussi peintre ; ce nest guère étonnant.
On aimerait en savoir plus (autant quon aimerait voir ces
disques distribués en France...) ; on va faire au mieux en
ce sens.