HEIST
E.P. (Zero Tolerance 03) - 1996
Ce rutilant label a le vent en poupe et accélère le rythme
des sorties avec le 3ème opus, alors que 2nd commence juste à
littéralement cartonner, porté par un engouement
à lunisson de la part des dj's techno et hardcore. De fait,
Zero Tolerance Records parvient à développer à
linstar de son grand frère Praxis un registre sonore à
la fois fin, intransigeant et puissant, qui ne manque pas de passionner
les oreilles avides de recherches musicales et de sensations fortes.
Voici donc Heist dans la parfaite lignée des deux projets précédents
sur ZTR, qui développe un travail déjà commencé
sur le « Dystrophic » E.P. (Praxis 011). Ici la sécheresse
et la dureté se manifestent, une fois nest pas coutume,
par un pied de texture sobre, dont la lourdeur ne manquera pas de rappeler
au danseur la notion de gravité. Et cest autour de ce pied
que se construit chaque morceau, avec un jeu inventif, et non dénué
dhumour, pour détourner le rythme binaire.
Sur la A side, on retrouve sans titre - le maxi nen comporte dailleurs
aucun - le track remixé par Neuroviolence sur le Praxis 011,
avec son kick à peine enrobé de quelques effets sidérurgiques
relativement propres. Ce kick se démultiplie soudainement
pour faire perdre tout repaire au danseur, ainsi quau dj débutant.
Sueurs froides assurées dans le second cas. Suit un morceau lent
qui admet volontiers des sonorités plus rugueuses et des séquences
plus mélodiques, mais tourmentées. Côté AA
side, on débute avec un somptueux morceau jouant sur une progression
plutôt inhabituelle : breakbeat lent dabord, sur fond de
nappe industrielle, puis intervention dun pied monolithique, qui
voit bien vite son tempo doubler, comme dans une danse stroboscopique
; enfin, dernière partie décalée lorsque
la drum machine se met à frapper la cadence du Charleston
Le dernier track quant à lui nous resert quelques bons grésillements
et dysfonctionnements sonores, façon orage électromagnétique.
Chacune de ces trois pièces sécoutant avec autant
de bonheur quelles sutilisent volontiers dans des sets sessayant
à la rupture rythmique, on ne saurait que trop vous conseiller
lacquisition de ce maxi, tout comme les deux premiers volumes
du label, dailleurs.
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