SAOULATERRE
« Chansons damor
und bodyrock » E.P. (Sphénoïde 003)
CIAO ! MANHATTAN Remixes (Sphénoïde 004) - 2002
 
Revoici des nouvelles de la sympathique échoppe Sphénoïde,
dont lextension vinylique du même nom continue de charmer
avec ses productions sans nul autre pareil.
Bien décide à se risquer dans le bizarre (et nous avec),
Sphénoïde soffre un splendide picture disc (un artwork
par Megadrame, toujours aussi classe) pour sa troisième parution
dédiée aux invraisemblables « Chansons damor
» et autres « Body rocks » de Boris Saoulaterre
Domalain. Question bodyrock, on est en effet servis avec « U got
what I need », un de ces hip hop tracks dont Saoulaterre a le
secret, qui démarre en tube pour finir en vrille speedcore.
Quant aux trois autres pièces du 12, loin de nous émouvoir
avec des histoires de cur brisé, ils en rajoutent plutôt
en matière de rythmiques crochues, de séquences tordues
et des samples impromptus (do what U like !). Amateurs de
branque beats, réjouissez vous donc, ce Saoulaterre-là
crachote, crépite, se déboîte et se désaxe
avec une ferveur qui ne demande quà être partagée.
Ca doit être ça, le côté « Chanson damor
» du E.P. !
Pour son quatrième volume, cette fois en format 25 cm, Sphénoïde
nous propose une véritable découverte avec Ciao ! Manhattan,
un de ces groupes français dont le nom nétait même
pas parvenu jusquà nos oreilles. Groupe qui soffre
ici une seconde jeunesse avec un remix dun côté et
une collaboration de lautre.
Le remix en question propulse Ciao ! Manhattan sur le dancefloor grâce
la jungle du londonien Scud. Sans surprise, mais direct et surtout efficace,
« 10 000 watts of clear white light » crapahute gaiement
et se mixe très volontiers, ne serait-ce que pour donner quelques
repères au milieu de dj sets de plus en plus concassés.
En fait, cest la singulière rencontre avec Pushy ! et Jean
François Pauvros qui vaut le détour. On connaît
ici le premier, dont les breakbeats ont résonné il y a
peu encore dans une Ultime Atome party du côté de Lorient.
On entend par contre plus facilement parler de Pauvros du côté
des Instants Chavirés à Montreuil, et de façon
plus générale dans le microcosme des musiques dites improvisées.
Certains se souviennent dailleurs peut-être dun CD
enregistré live au Batofar en compagnie de ce timbré de
Keiji Haino (un set pour le moins abrupt
) et édité
par le label Shambala.
« Néon rouge », sil ne permet pas de percer
les secrets de la composition (quand la guitare de Pauvros a t-elle
été posée, y a t-il eu une session live ?), donne
en tout cas envie découter lassociation musicale
ainsi formée sur un plus long format. Essai transformé,
autrement dit, pour cette mécanique au son opaque doù
séchappent de grinçantes et dissonantes effluves
électriques sur fond de clameur presque animale. Résolument
déviant, cest ce track plus que le drum nbass de
Scud qui donne à ce vinyle sa place dans le petit mais ambitieux
catalogue de Sphénoïde. Parmi les labels français
à encourager, pensez à celui-ci dabord !
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