SOCIETY OF UNKNOWNS E.P. (Praxis 024)
BASE FORCE ONE « Welcome to violence » E.P. (Praxis 027) - 1997

Praxis renoue ici avec un hybride qui avait fait la force du volume 019 ou de la fameuse compilation « Paraphysical Cybertronics » (Praxis 010). Continuant à manifester l’idée d’un son à la dimension politique, Christoph Fringeli (la tête pensante du label) casse du rythme en solo sur le 027, tandis qu’il se fait accompagner de Jason Skeet (Technet) et Aphasic (Ambush Records) sur le 024. Deux maxis comparables de part le développement sonore recherché. Du neuf assurément, et à ce titre la réussite est totale, que ce soit pour la prod impeccablement sèche ou pour la substance même - textures et (dé)constructions.
Suivant le principe à la mode situationniste selon lequel “l’explosion rythmique vise à libérer le beat de la dictature du binaire” (un programme désormais bien connu par chez nous !!!), Fringeli, avec son projet Base Force One, développe de nouvelles structures par la collusion / collision d’éléments disparates au delà du simple contact breakbeat / binaire. Il s’inscrit donc dans une vision post “dark jungle”, c'est à dire hors du contexte dancefloor. La Praxis Newsletter 12 évoque le caractère “impur” de ces musiques fondées sur l’hétérogénéité, et bien évidemment l’utilisation massive du duo sampler / séquenceur.
C’est dans ce sense que Society of Unknowns propose ses cinq titres / cinq “modèles” sur le mode de la secousse. Outre le « Transversal » qui use de la basse dark et des trémolos synthétiques inquiétants, le son se fait plutôt réservé. Pas d’effusion hardcore mais une énergie vers des séquences expéditives : un véritable jeu de piste en usine avec clinquements en tout genre, glissements et frottements huilés (?!), de l’androïde première génération sous perfusion digitale (« Into the ditch ») au métatron détraqué (« Vector »). Et pour finir, une romance dans le brouillard industriel londonien pour l’ultime « Dead by Dawn » (du nom des soirées du label).
Base Force One présente lui une plus sérieuse avalanche de catastrophes séquencées à la hache et soudées au lance-flammes. Tranchant et brûlant, autrement dit. « Welcome to Violence » ou le “Brutal Tech Step Noise” selon Fringeli lui-même.