SPEEDRANCH + JANSKI NOISE vs ANTHONY CHILD + ANDREW READ

Fat Cat split series - sixth virus (Fat Cat 031) - 1999


Ce “sixième virus” de la “split series” mise en oeuvre par Fat Cat continue sur le mode de l’opposition mais fait la part belle aux collaborations.
En “Zone 11” / face A, c’est le come back d’Anthony Child et Andrew Read à leurs essais en commun, au début des 90’s avec le projet Blim ; ces deux titres sont les premiers gravés sur vinyle. Si ces gars-là ne vous disent rien, sachez au moins que Child gagne des sous avec son travail technoïde sous le nom de Surgeon chez les plus grosses mécaniques européennes (Downwards, son label, et aussi Tresor, Soma ou Dynamic Tension) ; mais la fréquentation assidue, ces derniers temps de son voisin de Birmingham, Mick Harris (Scorn), l’a conduit à revenir à des choses nettement moins entraînantes, voire carrément isolationnistes.
Deux tracks, donc, joués au départ live à la guitare par Read puis filtrés / séquencés / samplés / mixés par Child. Si le premier ne vient pas réinventer le genre ‘‘soundscape post-industriel’’, il reste finement réalisé, de par les lointains tintements cristallins et autres micro perturbations qui viennent craqueler la texture linéaire tenant lieu de trame. Attention quand même à ne pas prendre froid lors de l’écoute !
Le second morceau est pour le coup, plutôt inattendu : très cérémonieux, plus funéraire que nuptial évidemment, et assez caricatural pour émouvoir nos vieilles carcasses qui en ont vues d’autres. Peut-être l’air de parenté avec le « Broken Heart » de Spiritualized aide t-il les larmes à couler ? Une réussite, en tous cas.
“Zone 12” / face B, c’est le duo de choc Paul Speedranch (l’auguste) et Janski Noise (le clown blanc) dans une séance de déconstruction dont ils se sont faits les hérauts. Deux tracks, là aussi : d’abord des kilotonnes de facéties rythmiques et scratchiques sur une base hip hop pépère. On reconnaît là le toucher vinylique (aviné ?) de l’ami Speedranch, jamais avare en effets superflus. Mais il faut bien admettre que le son arrache comme il faut, et c’est bien le principal.
Quant au second track, il fait un potin d’enfer après un long décollage à diffuser évidemment très fort et à utiliser dans un petit dj set, genre ‘‘ultraviolent’’ par exemple. Il faut bien que jeunesse se passe, on sait ce que c’est !