SUBSTANZ T « Tripped experience » (Hymen ¥ 714) - 2001

Une énième chose à ne pas louper : l’album de ces fabuleuses saucisses de Francfort. Proche de Beefcake mais plus obscur, parfois voisin des premiers Mo’Wax, mais en plus trippé (comme le titre le laisse entendre), ce disque se situe, tout comme le dernier Bochum Welt, dans une zone jusqu’alors inexplorée par la sous-division d’Ant-Zen. Autrement dit, tout en ne transigeant pas sur la qualité et l’authenticité des artistes nouvellement signés, Hymen s’ouvre un peu plus vers les recoins de la mélodie. Ici, qui s’en plaindrait ?
Des morceaux tels que « Really good » ou « Unique » vous plongent dans des abysses d’une beauté nocturne où tout n’est que “calme, luxe et volupté”. « Was it good » traîne vos guiboles dans un dancehall où ciment et barres métalliques constituent l’essentiel des matériaux ; un dancehall sous lequel doit se situer un nœud tellurique pour que les vibrations soient aussi fortes ! A plusieurs reprises, la voix d’un certain Christophe Demarthe vient chuchoter, en français dans le texte, d’hypnotiques propos qui viennent s’entrelacer dans le tempo.
L’architecture de ces fragments est faite de breakbeats au sein desquels les sonorités graves trouvent toujours des niches de choix. Des brumes envahissent aussi les lieux mais le tour de force qui dépasse l’entendement consiste surtout à faire cohabiter le magma avec la glace. Autant d’éléments en mutation auxquels se rajoutent quelques molécules de jazz se mouvant lentement, sortes de soupçons organiques inattendus. Voilà finalement bien le plus marquant pour une production de chez Hymen. Point de larsens ni fracas, donc, dans un opus qui ravira les amateurs d’un calme tout relatif.