TORGULL E.P. (Bloc 46 004) - 1999


Second maxi sur le motherfuckin’bloc pour le dj parisien, après un bien fameux « Evil » E.P. avec El doctor en 1998. Visiblement, les choses se corsent à mesure que le son du label se précise : on l’attendait dans une démonstration de pilonnage en règle et le voilà qui se barre en live, dépeçant son beat techno à grand coup de burin comme seuls Hô et Joker s’amusaient à le faire jusqu’à présent. Certes, les séances de 4x4 se montrent toujours persuasives : tant qu’à taper, autant taper fort. Mais ce jeu du marteau et de l’enclume se pratique ici dans de nouvelles règles, et tout est permis pour se départir du frappé métronomique : les coups de lattes pleuvent, mais en différé, disparaissent dans de longs breaks dédiés aux plaisirs mécaniques, réattaquent de manière assommante sans prévenir ou tournent indéfiniment autour du pot, orchestrant au passage de bien jolies frustrations en laissant les charleys s’échauffer jusqu’au rouge.
Et s’il y a là quelques excellentes séquences à saisir pour lancer l’action sur un dancefloor, les quatre titres de ce E.P. donnent surtout de belles occasions pour renverser la vapeur, passant d’une série de breakbeats et autres trépieds rythmiques vers de bons vieux technoïd noises, et réciproquement, bien entendu. De quoi mettre en valeur, et pourquoi pas avec quelque audace technique, les intros et breaks trop souvent délaissés dans les dj sets de routine. Voici donc l’occasion de faire dans le compliqué : ne vous en privez pas, ça ouvre des perspectives !
NB : à ne pas rater, le morceau le plus rapide, ou le plus lent selon la manière dont on l’adopte, qui bat, claque et chuinte comme les beaux SNS (genre 10-11-12) de l’ami Lory D. Vraiment pas conventionnel, pour le coup !

S.Y.D.