V/A « Eleven phases - Detroit Compilation » (Sublime) - 1998

Même pas le temps de boire une coupe, la rigueur japonaise a encore frappé. Faisant suite à la luxuriante « Adolescence », « Eleven phases » donne ici dans l’aridité satinée grâce au concours avisé du clan de Detroit. Ce n’est donc pas dans le choix des artistes que Sublime assouvit son besoin d’originalité. Du moins pourrait-on le penser au premier abord.
Cependant, il n’est pas question ici de techno ou d’electro. Rien que du hip-hop, instrumental de préférence. Même s’il est un peu monolithique, l’ensemble est excellent et privilégie les atmosphères évanescentes et jazzy. On retrouve bien entendu les habituelles nappes mélancoliques si chères à Détroit mais un petit passage au sauna leur a fait le plus grand bien. C’est donc en format allégé que l’on retrouve Stacey Pullen, K-Hand, Claude Yound, Will Web (un peu plus excité que tout le monde), Robert Hood, Anthony Shakir, Kenny Larkin, Daniel Bell ou Sean Deason, tous tournés vers des compositions de salon qui méritent bien que l’on se promène pieds nus sur une bonne moquette épaisse, entre le caviar et le saumon.

Sphex