V/A
« Murad Qureshi »
E.P. (Breakflow 001) - 1998
 
Léquipe londonienne de Breakflow (Howard Slater, Eddie
Miller et Flint Michigan) prend momentanément la relève
du tandem Praxis (le label) / Datacide (le fanzine) au sein de la contre-culture
électronique doutre-Manche. Certains se souviennent peut-être
des transcriptions, dans le TNTzine, des pensées fleuves émises
par ce collectif sous le nom de Technet ; celui-ci na donc pas
rendu les armes si lon en juge notamment par le texte «
Post media operator » délivré avec le Fat Cat 009
(Gescom + Ad Vanz vs. Foehn) ou par cette production vinylique, sous
le format, fort usité ces temps-ci, du Split E.P..
Certes, il ne sagit pas à proprement parler de nouvelles
métamorphoses sonores - déception probable de la part
des arrachés du cortex en mal dexpérimentations
invraisemblables -. Pourtant ce maxi réunit pas moins de six
morceaux très différents, issus de labels déjà
repérés pour leurs activités musicalement subversives
: Unearthly, Praxis, CFET, Adverse, Hillside, Les Disques du Crépuscule.
Autant de noms qui, là par contre, éveillent certainement
la curiosité de ces mêmes détraqués du bulbe.
A leur attention, on signalera quand même lexistence dune
sympathique (et assez fastoche) plage bruitiste par Peter Edwards, issue
de la rencontre suramplifiée entre un diamant et un rond central.
Plus éloigné de ces préoccupations avant-gardistes,
System UCS danse sur les traces dI.F. (electro/disco, sombre mais
suave, au son futuriste délicieusement lo-fi). Un succès,
soi-dit en passant. Guère plus expérimental mais tout
aussi excellent, « The Shoe » de New Acephale frappe avec
la puissance dun kickdrum incisif et glacé, une séquence
concassée à la manière dun DJ Shadow (plus
celui de « Lost and found » que le producteur dUnkle...).
Christoph de Babalon, lui, nous ressert une séance de breakbeats
fouettés jusquau sang sur un fond nocturne et brumeux.
Déjà entendu mais toujours aussi impressionnant. Le trax
le plus étrange est à coup sûr le trip hop sinueux
dEric Random, joliment bruitiste, tranquillement métal-zoné
avec de multiples sons incompréhensibles venant sentremêler.
Là encore, une véritable réussite. Enfin The Narrator
livre une plage orientalisante où règne une clameur cotonneuse.
Pas de méchante claque musicale, donc, mais tout ceci suffit,
je lavoue, largement à mon bonheur.
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