V/A « Rise/Converge » (Collision Substance) - 2000



Encore une compilation datant de l’été 2000. Le packaging est luxueux - le disque est présenté dans un petit livret en carton épais dont les pages sont assemblées par une reliure à spirales - et le contenu est à la hauteur. On retrouve ici de nombreux artistes qui retiennent notre attention depuis plusieurs années. SU8M3RG3D, loin de ses frasques sur le maxi en collaboration avec Quoit sorti quelques semaines plus tôt, livre un morceau assez atmosphérique avec des sons qui vont et viennent en douceur, à peine troublés par quelques fragments de rythmes drum’n’bass se faisant arrêter dans leur élan à chacune de leurs apparitions. Ocosi agrémente ses breakbeats de bribes de voix féminines et crée une ambiance digne d’un film noir. Mothboy, excellent comme d’habitude, parvient à nous faire danser allègrement sur un morceau pas si léger que ça, aux sonorités plutôt rêches. Zenopede et Nos poursuivent leurs explorations d’univers sombres à grands coups de breakbeats lents et tranchants. On découvre également quelques nouveaux venus comme Hayleck et Zerfallmensch, qui s’illustrent dans un style ambient minimaliste mais enrichi de petits détails, ou encore Obsequie dont le morceau porté par une grosse basse dub et un beat hip hop nonchalant sur un soundscape très travaillé est certainement l’un des sommets de ce disque. Quelques « vedettes » ont aussi été conviées, telles que Nigel Ayers (Nocturnal Emissions) pour un titre jungle-dub digne de We (!) surprenant et très réussi. Scorn, en compagnie du guitariste David Knight, annonçait ici le retour fracassant qu’il s’apprêtait à faire sur le label Hymen, en nous assénant l’ultime secousse rythmique de ce disque, avant que Aube, Tactile (John Everall), Erem et Kanal ne viennent clore ces festivités par leurs prestations dark-ambient plutôt perturbantes. Inutile de vous préciser que l’acquisition de ce disque, dont tous les morceaux sont inédits, vous est fortement conseillée, surtout que, contrairement à un usage malheureusement fréquent chez certains labels, le fait d’avoir un emballage de luxe n’est pas un prétexte pour augmenter le prix de l’objet.