V/A « Sublime, the adolescence » (Sublime LP005) - 1998

Sublimer l’adolescence ; ou bien « Sublime : l’adolescence », le titre de ce disque se prête à une heureuse double lecture. Entre onirisme évanescent et auto-évaluation critique, le panel musical ici offert à nos oreilles, illustre bien l’ambigu territoire où se situent les plus vives parcelles de la fragmentation (post-atomisation), de ce qu’on n’ose plus appeler “techno”...
Compte rendu de qualité des travaux délivrés par ce label japonais digne de son nom, cette compilation a l’intérêt de regarder droit devant (c’est plutôt une habitude, chez ces compositeurs nippons...), nous offrant des titres inédits pour l’essentiel. Comme d’habitude ici, ça ratisse large et pourtant cohérent. Une musique de danse qui s’écoute, une musique d’écoute qui remue bien ; avec toujours l’ombre toute kaléidoscopée d’un certain jazz en filigrane... Mais aussi des grooves discobebop aussi foudroyants que ceux de Carl Craig, des perles de drum’n’bass décérébré et rigolo, de la house la plus deep qui soit... A l’instar de l’album de Plaid (« Not for threes ») sorti l’automne précédent, cette surprise-partie baroque a le don de toucher juste ; de faire sourire sans pourtant se plonger vingt ans en arrière... Hein, les rigolos (qui ne manquent pas) d'AIR : en voilà, de l’adolescence !! contemporaine, et puis pas conne. Pour ma part, j’en suis plutôt ravi...