V/A « Technoir » (Hymen ¥701) - 1999

Depuis une bonne grosse année bien replète, Ant-Zen s’est doté d’une écurie techno. Son nom ? Hymen (pour le côté “hot” sans doute). Après une bonne dizaine de maxis gentiment radicaux, voila que déboule cette compile en forme de bilan. Dessus, moult lurons dont on vous a déjà chanté les louanges, plus quelques-uns de leurs voisins de palier tout aussi enjoués (sortez les sifflets à neutrons, et les platform pétrolière boots !).
Sonorement, cela ressemble un peu beaucoup à la discothèque qu’on ouvrira un jour, sûr, sur Pluton. Avec que du bon, ou presque. Avec forcément les potes un peu lourdingues qui se sentent obligés de pousser la mixette en passant, et qu’on n’ose pas foutre dehors, parce qu’ “on les aime bien quand même” (Machin, là, euh, Icon Zero, joue ici le rôle à merveille). Ça s’apparente pour classifier, à de la techno post-rave, assez rude dans ses manières - comprendre : qui ne frappe pas avant d’entrer, ou alors beaucoup trop fort -. Même si Bochum Welt, et, étonnamment, Klangstabil, nous, enfin me, font quasi ouin-ouiner avec leurs créations pop hélicoïdales “à l’italienne”. De la téguenaud, donc, qui se fout royalement, voire impérialement, des normes d’efficacité communément admises.
Des trucs pour danser. Pour danser à l’intérieur du cerveau, ou des genoux. Ainsi l’enchaînement Beefcake (des génies certifiés, ceux-là) puis Somatic Responses (encore !), sur gros son, engendrerait inéluctablement des fractures du ligament trois mille fois croisé.
Il y a aussi des trucs pour rire un coup. Tiens, comme le groove pachydermique de Vromb , qui nous replonge quelques années en arrière (pour les exégètes de la trance, s’il en existe encore, essayez de vous représenter une version souillon et claudiquante du beat de Zero Gravity…). Mais on ne fait jamais le fanfaron très longtemps à l’écoute de ce recueil ; on marche sur des œufs, en somme : mieux, on y danse. De toutes les façons possibles, qu’on y danse. Sur les deux pieds, coulés dans le même bloc de béton (Esplendor geometrico, Monolith) ; sur un pied, en tournant sur soi-même (Klangstabil) ; sur trois pieds (Snog, Beefcake) ; sur la tête (It). Vous êtes sceptiques, encore rétifs ? C’est cela…écoutez donc la dernière pièce, celle de Silk Saw… Vous ferez moins la fine bouche, une fois qu’ils vous auront changé en plancton mécanique. May the gruv be with U !