WISH MOUNTAIN E.P. (Universal Language Productions / Evolution 032) - 1996

Evolution, le label de Pritchard et Middleton (aka Global Communication, Reload, Link, Jedi Knights etc...) sait fort bien diversifier ses productions, nous l’avions d'ailleurs déjà remarqué à l’écoute de la très réussie compilation « Theory of Evolution ». Le duo demeurait pourtant seul à bord ou presque de ce somptueux véhicule promotionnel pour leur bijouterie encore quelque peu méconnue du public ; mais, des productions affirmant un beat techno et volontiers enrobé de groove et de fines couches mélodiques (Reload) à l’ambient cristalline distillé pas Global Communication en n’oubliant pas l’electrofunk endiablée des Jedi Knights, preuve était faite d’un potentiel musical important : des projets multiples, aboutis et intelligents allant au delà d’une quelconque prétention élitiste.
Le concept Wish Mountain, élaboré par Matthew Herbert, s’inscrit donc dans cette politique d’ouverture d’esprit. Voici en effet quatre trax -si l’on excepte l’interlude constitué d’un jeu répétitif autour de commentaires d’un grand prix de F1- présentant chacun une construction différente, et s’articulant autour de textures et séquences n’ayant de commun qu’une vocation ambiante affirmée.
Atmosphérique serait même le terme approprié en ce qui concerne « The Cough » coproduit par Pritchard et Middleton sous Global Communication. Minimal et sensiblement volatil, le morceau déploie une simple phrase musicale évoluant en boucle aérienne au rythme soutenu (sans pied pour autant).
Sur la même face, « Asthma Inhaler » tourne comme une boucle de fin de sillon qui se prendrait à faire swinguer ses grésillements et craquements poussiéreux, jusqu’à leur faire jouer des claquettes.
Sur la logo side, « Video » a le beat midtempo compressé de certains Surgeon, et des séquences mécaniques évoquant des Unit Moebius qui auraient décrassé les filtres de leurs synthés.
Enfin le track le plus intéressant reste « Electric Guitar », qui bien sûr n’en comporte aucune( du moins, aucune que l’on puisse clairement identifier). Boucles-là aussi volatiles, aiguës voire criardes, se répercutant contre des obstacles invisibles pour créer ampleur et agitation. Le tout est secoué par une rythmique entêtante et volontaire, au goût de percus acoustiques. Un E.P. plutôt réussi mélangeant assez efficacement sonorités “humaines” comme diraient les Inrocks, et électroniques, certes déjà entendues mais qui ne déçoivent pas pour autant.

S.Y.D.