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CHRIS CLARK « Clarence Park » (Warp LP86) - 2001
En 2001, sortir son premier album sur Warp ne semblait pas chose si aisée quon se limagine. Car du point de vue promotionnel, entre le grand retour de lAphex (son quadruple LP Drukqs), larrivée en fanfare des américains Devine et Prefuse73, et les parutions forcément remarquées dAutechre (lopaque Confield), Squarepusher (le formidable Go Plastic) ou Plaid (loubliable Double Figure), il ne devait pas rester lourd dans les caisses du label pour lancer des outsiders dans le genre de Chris Clark. Alors même que, si nous ne devions en retenir quun, cest bien, et non par simple volonté de marquer notre différence, son Clarence Park que nous choisirions. Dabord pour une certaine fraîcheur pop (qui a cela de bon quelle est légère, oui on sait
), toujours chère à nos oreilles. Car, depuis les deux ou trois micro-gymnopédies parsemant le vinyle et jouant les interludes enchanteurs (on nest pour le coup pas loin des états dâmes pianistiques du sieur R.D. James sur le dit Drukqs) jusquà la stupidité assumée de Lord of the dance, hommage plus vrai que nature aux innombrables conneries de chez Rephlex (file under break n flûte de pan), il y a ici quelques perles, entre drôlerie et émotion, auxquelles nous ne pouvions pas manquer de très vite nous attacher. Comme ce Diesel raven, genre flèche en plein cur electro-mélo, à mixer la larme à lil et les hanches déboîtées (ça groove quand même sévère) entre Richard Devine période Schematic 005 (avec ses mélopées aussi déchirantes que ses séquences rythmiques), et les splendides mièvreries façon Cex. Et puis, tant quà remuer de larrière-train et jouer du cross-fader, nous navons pas mis longtemps à adopter des tracks tels que Proper lofi (aussi démonté que tubesque, franchement inmixable et donc idéal pour des festivals du glitch façon Blatte) et Bricks, la bombe rock nroll de lalbum (on sentend, hein, cest pas non plus les Ramones
), véritable rampe de lancement pour un virage breakcore vers les productions incendiaires made in Peace Off. Quant à The dogs nous a tout autant impressionné par son caractère larvaire et sulfureux, manquant déclater à chaque instant. Idem avec A laughwith hills, traînant et sinueux, grippé à souhait. S.Y.D. |