Habillage dasphalte pour les deux longs titres de ce E.P. issu des ateliers bruxellois de Séverin et Médéa. Extraits dune de leurs innombrables séances dimpro, sans véritable intro ni conclusion, et toujours mus par un attachement à créer des atmosphères fortes et une obsession du rythme.
En logo side, « Stronghold ballad » débute dambivalente manière, à la fois légère et frémissante. Une ronde de basse, des cordes vagabondes, quelques stridences et craquèlements : voilà dharmonieuses esquisses, bribes mélodieuses plutôt inhabituelles chez Silk Saw. Mais lagitation lemporte bientôt, le rythme saffirme comme lhorizon sassombrit. Jeu de beat boxes en cascade, dérèglement de papier à musique. De la clameur au tapage, il ny a quà tourner les potentiomètres.
Lorsque « Ant-march » nous parvient en info side, quelques patterns ont passé et la frénésie machinique bat son plein. Des notes de vibraphone coulent, roulent et rebondissent le long de la locomotive. Un tunnel passe. La caisse claire reprend le dessus en crépitant avec insistance, puis se fond dans un mouvement oscillatoire, empli de souffles et rumeurs, éclats et distorsions, babillages et ébullitions, avant un final entre grimace et grincement.
Nen disons pas plus sur les minutieux errements du duo, si ce
nest un rappel : une simple écoute survolée risque
de nen donner quune impression de magma plutôt hostile.
Mieux vaut alors prendre le temps de sy plonger vraiment.