Décidément,
Cédric Acid Kirk Stevens et son projet S.E.L. ont
lart de nous laisser sur notre faim avec seulement quatre E.P.s
depuis 1998, et surtout pas un seul album. Cette fois encore, donc,
le Captain nous la joue "service minimum" avec une sélection
de quatre morceaux, tandis quon ne peut sempêcher
dimaginer toutes les perles qui vont rester sur des cassettes
DAT, prenant la poussière dans ses tiroirs. Quand exigence
de lauteur rime avec frustration de lauditeur
Malgré tout, quelle claque à la découverte, toutes
décibels dehors, de cette nouvelle livraison pour lambivalente
maison bruxelloise. Avec dabord cette session fiévreuse
et enfumée, où les soubresauts percussifs répondent
aux longs étirements analogiques, où rondeurs, cassures
et nuds modulaires évoquent les méandres, embâcles
et cahots rocheux dune rivière imaginaire, recelant de
multiples trésors pour qui sait sy plonger. Ensuite,
ce sont des accords de guitares qui résonnent, entre pop lumineuse
et tradition mystérieuse, noyés sous un raz-de-marée
bruitiste. Un emportement dont S.E.L., seul, a le secret
Sur les traces du « Siamese level » (Elf Cut R.I.P.),
le Kirk tourne et détourne les potentiomètres, souffle
sur des formes ovales qui glissent et déraillent, se tordent
et éclatent en feux de Bengale et poussières détoile.
Mais cest déjà le bouquet final : S.E.L. en profite
pour nous refaire le coup de la montée psychédélique,
puissante et solennelle, puis chancelante et ébréchée,
fragile et émouvante, à limage du garçon
finalement. Voilà. Le E.P. se referme, nous laissant étourdis,
sur le carreau. Il faudra maintenant attendre deux ans avant que ne
soit concédée lidée que de nouveaux morceaux
sont publiables. A moins dun miracle, qui pourrait consister
en la parution du E.P. de live sessions enregistré
avec Rawakari, et déjà prêt de longue date. Allez,
on peut rêver