SYNCOPATED ELEVATORS LEGACY « Still between the battle and the sheet »

(Ambivalence 004) - 2003

Décidément, Cédric “Acid Kirk” Stevens et son projet S.E.L. ont l’art de nous laisser sur notre faim avec seulement quatre E.P.’s depuis 1998, et surtout pas un seul album. Cette fois encore, donc, le Captain nous la joue "service minimum" avec une sélection de quatre morceaux, tandis qu’on ne peut s’empêcher d’imaginer toutes les perles qui vont rester sur des cassettes DAT, prenant la poussière dans ses tiroirs. Quand exigence de l’auteur rime avec frustration de l’auditeur…
Malgré tout, quelle claque à la découverte, toutes décibels dehors, de cette nouvelle livraison pour l’ambivalente maison bruxelloise. Avec d’abord cette session fiévreuse et enfumée, où les soubresauts percussifs répondent aux longs étirements analogiques, où rondeurs, cassures et nœuds modulaires évoquent les méandres, embâcles et cahots rocheux d’une rivière imaginaire, recelant de multiples trésors pour qui sait s’y plonger. Ensuite, ce sont des accords de guitares qui résonnent, entre pop lumineuse et tradition mystérieuse, noyés sous un raz-de-marée bruitiste. Un emportement dont S.E.L., seul, a le secret…
Sur les traces du « Siamese level » (Elf Cut R.I.P.), le Kirk tourne et détourne les potentiomètres, souffle sur des formes ovales qui glissent et déraillent, se tordent et éclatent en feux de Bengale et poussières d’étoile. Mais c’est déjà le bouquet final : S.E.L. en profite pour nous refaire le coup de la montée psychédélique, puissante et solennelle, puis chancelante et ébréchée, fragile et émouvante, à l’image du garçon finalement. Voilà. Le E.P. se referme, nous laissant étourdis, sur le carreau. Il faudra maintenant attendre deux ans avant que ne soit concédée l’idée que de nouveaux morceaux sont publiables. A moins d’un miracle, qui pourrait consister en la parution du E.P. de “live sessions” enregistré avec Rawakari, et déjà prêt de longue date. Allez, on peut rêver…