V/A (Night on Earth 02) - 2002


10 titres pour cette jolie petite compilation parisienne parue en juin 2002, et 6 artistes. D’abord, des pseudos en forme d’onomatopées, Grabuk, Tzii et Thropp. Electro microbienne pour le premier (un garçon venu de Hambourg), berceuse concrète (entre ronflement et tintinnabuli) et ballade lo-fi pour le second (par ailleurs animateur déclaré du label), downtempo sombre et grinçant pour le troisième (un parisien dont ce sont les premiers sons publiés) : voilà, avant d’aller même plus loin, trois projets à découvrir, donnant une idée de l’ouverture du label. A découvrir aussi, le projet “chill out” de Parasite (from Bristol, entendu à plusieurs reprises chez Peace Off) : ça s‘appelle Music For Sleeping, et ça ressemble beaucoup à ce que fait Tzii dans le genre vieillot et déglingo.
Tout aussi réussie, la double participation de Gamaboy (des morceaux issus de son CDr auto-produit “Duke oda to coma”) s’inscrit là-encore pleinement dans l’esthétique de Night On Earth : collage ambient joliment rêveur (“Departure”), collage bordélique d’inspiration free jazz (“The use of inhuman being jazz”), collages chelous surtout. Alors, la question se pose. Un E.P. de cette trempe serait-il vraiment complet sans l’ami Boris Domalain ? Pas d’inquiétude, le garçon est lui aussi doublement présent. D’abord en tant que Saoulaterre, pour son meilleur titre produit en 2002, “Parfois une brutalité cruciale”, qui confond electronica et pyrotechnie, mêle brillances et déflagrations, fuse et éclate avec majesté. Ensuite, beaucoup moins gracieux mais beaucoup plus drôle, en tant que Gorki Plubakter, dans une de ses inimitables java à deux balles (“Les lâches”). Certes, c’est assez déconcertant. Mais, comme le dit justement le macaron de cette face B : “diversity is the force”. On ne peut qu’acquiescer.