NANOSPEED vs SPACETANK « Membran trax » (Shitkatapult - strike 13) - 2000

Roland vs. Fiege : une rencontre au sommet. Vous m'avez bien compris ; Nanospeed et Spacetank sont deux pseudonymes d'un même auteur, alias Roland Fiege. Auteur qui ne met pas tous ses œufs dans le même panier. Pour clarifier il y a un panier plein d'œufs brisés qui s'entrechoquent en rythme [Nanospeed], et un autre plein d'œufs granit, durs comme du roc et impeccablement alignés [Spacetank, nettement plus hypnotique]. La rencontre des deux projets n'est pas fusionnelle : L'empreinte sonore la plus profonde est celle de Spacetank. Vous vous êtes bien amusés tout l'été, avez bien dansé, bien sué, vous êtes bien détruit la santé ? Et bien dégustez maintenant, et carburez aux hypnotiques, seul dans un sous-sol humide.
Tout ici est résolument plus teuton, gorgé de cette “germanité” qu'on aime, celle de, encore une fois, Chain Reaction et Basic Channel. Celle des basses enterrées, couvertes de poussière, qui soutiennent un développement constant et idéalement mo-no-to-ne. L'aspect cardiaque - et fort souffrant, please, please a peace maker ! - de cette basse est primordial ; l'exigence sonore de chaque instant accentuant le côté clinique. L'effet, s'il est insidieux, n'en est pas moins fort. Enfin, il est des moments ou ce grand minimalisme -excusez l'antilogie facile - fait du fracas. Un fracas insidieux mais swinguant en diable. Et au long de ces quatre titres, l'on ne peut s'empêcher de songer aux curieux effets de 'cela' mis en live, de cette spatialité forcenée, installatrice d'atmosphère et installatrice d'espace, en un loft comme en un cervelet. Souvenirs, pour notre staff, de ce concert par nous fomenté au Lieu unique (Nantes), le 3 septembre 2000. Ce troisième E.P., attendu, fait donc office - s'il en fallait - de confirmation, et, passant la barre “fatidique” du dixième, nous assure de la viabilité et de la solidité du projet Shitkatapult (dont on savait déjà l'étendue stylistique).

Mr Øpless

http://www.shitkatapult.com