Comme un prolongement de leur passé récent, peut-être pour ne pas totalement couper les ponts, Ulan Bator a convoqué à table quelques membres de sa famille d'adoption, forces libres des musiques innovantes en devenir. Une entreprise de « D-Construction », comme le dévoile la jaquette qui fait invariablement penser au projet de demixes entrepris par Alan Lamb en 96.
C'est donc bien à un travail de désarticulation des morceaux, de décomposition de leur machinerie interne auquel se livrent les invités, plus qu'à une appropriation intimiste. Un travail qui trouve un haut degré de pertinence entre les mains de l'Internationale Turntablistes, de Otomo Yoshihide avec des traitements hautes fréquences qui nous rappellent que nous avons des oreilles (Ryoji Ikeda, es-tu là ?) à Erik M, qui sur ce « vol aux vents » accompagne le rythme, avec une souplesse palpable qui me fait penser à certains égards aux remixes de UI. Scanner temporise le jeu en recourant à une intrusion électronique minimaliste qui avait auparavant fait le charme de son « Mort aux Vaches ». Quant à Carl Stone, c'est un rôle à contre emploi total, puisque de dépouillement artistique, il n'y a point dans son morceau ; Plus enjoué que jamais, l'Anglais invectivent les sources les plus variées, recomposant en un malstrom sonore hybride cet « Embarquement » pas franchement reconnaissable. Ce 4 titres est indispensable aux connaisseurs comme aux curieux.