Revoilà Saoulaterre (do Brasil ?!) dans nos colonnes, dabord avec une de ces petites compils qui nous régalent à chaque coup, puis avec un maxi solo, le premier depuis au moins deux ans.
Les « Galeries parallèles » abritent un joli paquet de monde, des habitués mais aussi quelques nouveaux venus, que les obscurs dédales constituant le terrain de jeu obligé de Saoulaterre ne semblent pourtant nullement effrayer. Habitués, les No Tek le sont, puisque présents dans la sphère Cavage depuis les tous premiers E.P.s. Fidèles à leur patronyme, ils préfèrent emprunter les voies détournées avec leur dark hip hop propres à faire trembler les entrailles parisiennes. Atmosphère cérémonieuse et groove irrésistible font cause commune, un peu à la façon I:GOR sur Low Res et Russian Roulettes.
Habitués aussi, du genre toujours présents pour déconner, le Djrnd3 Crew (au sein duquel on retrouve Saoulaterre et Gamaboy) en remet une couche avec le récurrent « Direction ta choune » dont voici déjà la troisième version intitulée « Dont stick to the bit, dont forget the clit ». On ne sen lasse pas !
Des essais mystiques avec Josef aux chansons pas très nettes (« Jaurais voulu être un chimiste »), Saoulaterre semble tout sautoriser avec son pseudo Gorki Plubakter, surtout les tentatives les moins crédibles, du point de vue intégrité underground. Cette fois, il sattaque au standard de discothèque « Last night a dj
» pour un résultat qui laisse sans voix. A vous de juger !
Côté nouveaux venus, on découvre en premier lieu Shift et son peu-ra façon Bloubiboulga, ou mieux encore, funky zarbi. Strytch9 fait aussi partie des heureuses rencontres proposées par ce L.P. Downtempo quasi rampant dans sa première partie, son « Radiofucker » (drôle de titre
) prend soudain son envol dans un esprit proche des récents tracks electro de Gridlock.
Juste derrière, cest au tour de Dan Hekate de faire son entrée chez Cavage. Assez basique, son breakbeat se mixe plus quil ne sécoute seul. En face B, un nouveau pseudo rigolo nous est présenté. Pousse Bouton, puisque cest son nom, joue une sorte de country de lespace, curieuse danse pour extra-terrestres en éperons. On ne sait si cest pour blaguer ou non, mais en fait, cest pas mal du tout !
Enfin, les deux derniers morceaux sont signés par Istari Lasterfahrer, du label autrichien Sozialistischer Plattenbau qui avait auparavant invité Saoulaterre / Gorki Plubakter sur la compil « Biometricks » parue en 2002. Deux exercices de découpe super nerveuse, à injecter dans un mix instinctif (et incisif) à base de beats à fragmentation comme il sen fait chez Fanny ou Venetian Snares.
En résumé, fiez vous à la pochette de cette « Dixième cave » : « Hardcore / Superbadfunk/ Starfucker flopcore / Hip hop core / Tekno ». Bref, tout et nimporte quoi (avec en prime quelques petits bonus bien fendards), et cest bien pour ça quon laime !
Saoulaterre en solo, ensuite, cest sur Cavage 12. « Tous les égouts sont dans ma nature » E.P. présente cinq titres en 45 trs (+ une outro) dune electro brute, rocailleuse et anguleuse, dans la tradition rephlexienne des « Joyrex » de Caustic Window et « Analogue Bubblebath » dAFX. La tonalité est donc old school (mais pas cool), comme disent les Nantais Phagz et Elektroplasma, avec des gimmicks retro-futuristes fusant dans tous les sens, et des voûtes synthétiques semblables à celles des caves ténébreuses du 14ème (arrondissement, en loccurrence !). La danse, elle, est inévitable, tribale, envoûtée. Comment pourrait-il dailleurs en être autrement ?
Saoulaterre, encore et toujours nous trimballe et nous emballe, encore et toujours nous nous laissons guider, au fond des dédales, la tête dans les étoiles. Les enregistrements du Cavage, que ça sappelle. Décidément difficile de sen passer !