CELLULOID MATA
« La connectique » (Hymen 020) - 2000

Y'aurait-il un Mercato
pour les musiques electro, dont Celluloïd Mata aurait incidemment
profité ? Après trois albums dûment accomplis
chez Noise Museum, , notre jeune fraiseur tourneur groovy s'est tout
naturellement "transféré" vers l'écurie
"swingdérurgiste" de Stefan Alt, dès l'hiver
venu... Electro Mercato donc ?
A voir, en tout cas il n'y est pas question de gros sous... Il est
simplement allé y rejoindre beaucoup de ses/nos musiciens favoris...
(Et cette migration de forte densité vers Hymen n'est pas close...
a suivre dans les prochains mois ; de petites choses énormes
sont annoncées). Pour l'occasion, Mata a réalisé
un E.P. qu'on pourrait qualifier de "roots". La face «
This » la joue électrostatique, au sens core du terme.
On songe aux vieilles tueries italiennes - ADC notamment - toutes
de violence sourde (et assourdissante). Du groove à cran d'arrêt,
effrayant et jouissif. Cette electrocore, donc, a beaucoup à
échanger (baffes, caresses, giclées d'acide) avec notre
électrocorps. Lui-même, notre corps, partagé entre
servilité et rébellion. L'ambient de fin de face, après
cette dépense physique, est une bien douce onction. Question,
alors, qui fuse : A quand un long projet spécifiquement ambient
de Mata ? La face « That », si elle nous réveille
vite fait, coupe un peu ses cartes : le renard en avait gardées
dans sa manche. Contrastes, complexité, pour un summum hyper
bref (dommage) : cette intervention vocale féminine, insidieuse,
trafiquée.
Question, alors, qui fuse (comme ça peut fuser !) : A quand
un long projet spécifiquement "broken spoken words"
de Celluloïd Mata ? Bref, il s'agit d'un E.P. qui met en appétit.
Le Mata a du bon pain sur la planche ; on peut faire confiance à
Hymen pour fournir les couteaux.
Mr Øpless