V/A «
Emanated » (Emanate 001) - 2000

Continuons cette exploration
de la toile et des labels qui s'y nichent en nombre, conglomérat
proliférant... notamment de ce côté-là
de l'Atlantique, loin après Brest (c'est à dire super
loin).
Prenons pour exemple Emanate, label californien d'electronica. Dégustons
ce florilège introductif, et faisons connaissance, au passage,
avec ces cinq artistes tout neufs. Le plus reconnu d'entre eux, Solenoid,
- déjà croisé par chez Omco et Diskono - grille
le dancefloor à sec avec une electro plastique et dynamique
comme il s'en forge plutôt, d'ordinaire, du côté
de la botte italienne. Le californien Lillianthal a certes écouté
Autechre, certes ; mais il a plutôt bien fait, puisqu'il en
a assimilé la finesse et la complexité, alliage d'où
émerge, comme une évidence, la mélodie creveuse
de glandes lacrymales... O.S.T, auteur d'un L.P. au charme oriental,
plombé et vénéneux - dont on vous recause imminemment
- signe un track aux relents exotiques et capiteux. If.Then.Else (a.k.a
le gérant sympathique de la boutique Emanate, en personne)
opte pour la variété : contemplatif (« Floating
point » : le résultat, mignon, un peu désuet)
ou minimal (« Start/stop/continue » du pointillisme du
meilleur effet). Sybarite fait de même ; son « Identity
» en deux parties confine à la schizophrénie :
la première moitié est d'un format dub house plutôt
atmosphérique (on songe à certaines réalisations
de Richard.H.Kirk) ; la seconde un joyau de pop à clochettes
et cuivres de synthèse, que la section pitbull de l'Ultime
Atome trouvera gnangnan, quand les adolescents attardés tels
que moi rêveront secrètement de le savourer dans un transat
(option soleil, tendance timide).
Au final, cette compilation fait remarquablement son office, de mise
en appétit, et l'on ne peut que souhaiter une meilleure distribution
française pour ce label.
Mr Øpless