FOEHN «
Hidden cinema soundtracks » (Fatcat 018) - 2000

Cette nouvelle sortie
de chez Fatcat constitue, si si c'est vrai, même si vous finirez
par ne plus vous croire tant on vous le redit, ça ; cette nouvelle
sortie, Fœhn, constitue une révélation.
De cette jeune femme appelée Debbie Manning, collaboratrice
occasionnelle de Matt Elliott (Third Eye Foundation), on n'avait pas
entendu grand chose jusqu'ici, hormis une mixture sonore joliment
troglodyte sur la compilation des Split Series du label. Cet album
constitue une majestueuse entrée en matière, délivrant
les clés d'un univers sonore et fantasmagorique - du moins,
pourvoyeur de fantasmagorie - rare et riche. Vingt-huit courtes pièces
alternent les ambiances décalées - quasi symphoniques,
puis portuaires, puis bluesytroniques, puis enfantines, puis cuivrées,
puis mélancoliques, puis que sais-je encore... -. Des morceaux
très brefs, donc, mais ce n'est pas grave tant ils sont gorgés
d'atmosphère. Cinéma, certes ainsi que l'affirme le
titre, mais alors cinéma imaginaire, cinéma de l'entre-les-choses,
qui lirait entre les plans comme on peut lire entre les lignes. Une
musique densément peuplée, peuplée d'interstices
en lesquels se glisser. Cet aspect kaléidoscopique, pas si
courant dans le production ambient actuelle, ou un CD se borne souvent
à l'étude approfondie d'une seule et même couleur,
me rappelle le premier album de Nori (sur Bathyscaphe), avec un attrait
plus grand, ici, pour les développements mélodiques.
Voilà le genre de musique indépendante pour laquelle
il vous prend l'envie de vous battre : Pour Foehn le succès
(relatif) n'est pas inaccessible, puisque aussi exigeante qu'évidente
est sa musique. Croiser alors, très fort, les doigts.
Mr Øpless