LILIENTAL
« Castor and Pollux » (Emanate 03) - 2000

La révélation
du label Emanate, on vous l'a dit il y a peu, pourrait bien être
Solenoid. Mais à bien y regarder, l'album de Lilienthal ne
fait pas grise mine au cœur de la pléthore de productions
d'électronique cool (pour l'amour et les travaux ménagers,
ou pour les deux mélangés).
Ce « Castor and Pollux » est disponible sur le réseau
depuis juin 1999. Un bail, quoi…Qu'à cela ne tienne,
Arrow Kleeman a.k.a Lilienthal n'a pas encore, ce nous semble, fait
la une des magazines people - à nous d'y remédier -.
Et ces sortes de délices là ne sont pas de ceux qui
se périment… Cet album, long, suave, charnu, convoque
d'abord nos sens avec demi (voire moins) mesure, tant cette douce
mélancolie ranime en nous le souvenir d'autres douces mélancolies.
La trace de Autechre/Gescom, tarte à la crème, est très
présente, ainsi sur « Symptom of light », longue
oscillation, sableuse dans ses rythmiques. S'agirait-il d'un autre
de ces clones délicats et talentueux qui se multiplient plus
vite que les passements de jambe d'un Zinedine Zidane ? C'est ça,
oui, mais c'est aussi plus compliqué que ça. Car les
paysages ici enfouis se révèlent aux assidus. On y trouve
des déjà classiques d'harmonie électronique («
Blue laser » ou « Sugar »). Un étrange alliage
de stress et de langueur (« Castor and pollux »). Un super
truc indéfinissable et gloubigoulogant comme du Novel 23. («
Closer to what »). Un essai post-rock atmosphérique («
Doppler »). Le plus marquant d'entre tous, « orville »,
étonnamment, est une mélopée ambiante au ruissellement
obsédant, avec une bonne dose d'harmonies mélangées,
en contrepoint : La transcription sonore d'une vue en macro d'une
toile d'araignée matinale, pleine de rosée.
Mr Øpless