MIRA CALIX « One on one » (Warp LP73) - 2000

Tant attendu. Cet album de Mira Calix, nous le guettions depuis son premier essai, depuis ce « Pin Skeeling » E.P. tout cotonneux sorti sur Warp il y a plus de deux ans. Cette faible productivité passe pour une anomalie au regard de la frénésie de sorties qui agite la scène électronique. Anomalie heureuse.
Cet disque, grand, méritait de se faire attendre. Il est, pour exemple, et même si ça n'a rien à voir, aussi beau, aussi dense, aussi plein que celui de Foehn (« Hidden cinema soundtracks ») sur Fatcat. La première écoute surprend tant la sensualité dégagée n'est pas claire, tant les alliances sonores peuvent sembler contre-nature. Une trame sonore assez indéfinissable, donc. Il y a là-dedans énormément de mélodies. Simples mais jamais faciles. Viennent s'y accoler d'épaisses nappes d'inquiétude, ou quelques trafics vocaux bien louches. Les percussions sont lentes, assez rêches ; on les croirait électroacoustiques. Il n'est presque aucune trace de l'influence d'Autechre à se montrer, de qui on sait pourtant Mira Calix proche... On pourrait s'épuiser, à ainsi chercher en vain des références et filiations. Ce parfum-là est, décidément, trop personnel. Quasi déstabilisant, oui, aux premiers abords. Mais comme il y a là-dedans - dans cet "énormément de mélodies" énormes - de l'entêtant ; alors, on y revient, à ces demi-tons capiteux. Et la question ne fait que s'épaissir à chaque réécoute. Cet album est très marquant. Il n'y a pas à douter de son écho en profondeur. Une entité en soi, résonnante et aussi précisément elle-même que le « Body bags » de Delta Files. Même si, encore une fois, non, ça n'a rien à voir...

Mr Øpless