V/A «
Vanilla » (Duftplatten 01 / Heimelektro Ulm) - 2000
Comme il est dit dans les
quelques présentations du label, Duftplatten est la section
dance officielle de Heimelektro. En fallait-il une , question à
laquelle nous serions bien en peine de rétorquer… aussi
en peine que les mecs du label eux-mêmes, semble-t-il…
Hors ces quelques digressions vétilleuses, attardons-nous sur
le deuxième indicateur de tendance ici présent : le
parfum. À savoir, vanille.
Ce qui, sans rassurer notre for intérieur, rassure au moins
nos gencives et nos mollets (ainsi que les voisins : aucune tentation
de nouba “bregovic-ienne” en perspective). La vanille
en question est de composition hyper chimique, autant qu'un bonbon
japonais, sur le track 2, dream music dégoulinante au point
de ne pouvoir être qu'une blague. Cela s'appelle d'ailleurs
« I wanna be a hippie », et c'est signé d'un certain
Pongo, ce qui, sans rendre le morceau meilleur, semble au moins en
confirmer l'intention canularesque. Le reste, ouf de ouf, relève
le niveau. Scarcubem, d'abord, sucrent abondamment un midtempo à
la fraise… mais là, le sucre, et les fraises, sont bons.
Quelques inflexions semi-métalliques (disons, en alliage léger),
épaississent comme il faut ce coulis de roucoulades pop et
juste. Ils s'avancent du même coup toujours un peu plus près
de l'antichambre du succès ; reste à espérer
qu'ils ne succombent pas à la facilité où se
vautrent les starlettes trentenaires de la techno (Garnier, Moby,
etc ;) ; au vu de l'interview qu'ils nous ont accordé nous
continuerons à avoir confiance en leur sincérité…
autant qu'en leur talent. Mais la palme de l'expert en balistique,
elle revient une fois encore à Roger van Lunteren, dont on
avait déjà bien goûté aux subtilités
autant qu'aux grands écarts sur son « debut » E.P.
de début 2000 (acclamé par une grosse partie de la presse
techno européenne… j'ai dit européenne, pas française).
Là, ça chaloupe en douceur, avant de virer pop (la mélodie
infusée qui vous masse la moelle) ; puis on remonte tranquille,
comme après un de ces arrêts inexpliqués du train
en cambrousse, et viennent amplifier le crescendo des engelures d'orgue
presque gothiques… Et le track continue de s'enrichir et de
surprendre jusqu'à sa clausule. Très beau.
On continue donc d'attendre plus des artistes déjà remarqués
que de cette dance division ; mais Heimelektro prouve qu'il a de la
ressource.
Mr Øpless